L’homme gardien ou propriétaire de la planète ?

Il a fallu moins d’un seul jour à Hercule pour nettoyer les écuries d’Augias. Même si l’homme arrêtait immédiatement toute pollution (ce qui est loin d’être le cas), il lui faudrait des siècles pour éliminer les déchets toxiques qui souillent l’air, la terre et les eaux de notre si belle planète. (Hubert Reeves. Mal de Terre).

Cette phrase d’Hubert Reeves trouve écho dans une publication du WWF qui annonce, qu’en 30 ans, on a consommé environ 30% des ressources naturelles de la planète et qu’à peu près tous les écosystèmes planétaires sont aujourd’hui en déclin.
Malgré tous les efforts engagés de manière individuelle ou collective, malgré les réflexions et pistes d’actions dégagées à la COP 21 pour la planète, il semble que les hommes, pourtant si éphémères au regard de l’âge de cette vénérable et respectable vieille dame, la conduisent collectivement vers une véritable catastrophe écologique.

Eau secours !!
La terre est la seule planète qui possède cette richesse inestimable qu’est l’eau. Cependant, l’être humain use et abuse de mille et un stratagèmes pour polluer cette vaste étendue : déchets radioactifs, produits chimiques issus de l’agriculture industrielle, eaux usées non traitées, marées noires, naufrages, barrières de corail menacées par le plastique …

Les conséquences de ces différentes formes de pollution sont pourtant non négligeables : disparition de certaines espèces, animaux marins et poissons pris au piège de sacs plastiques, bio- invasion, algue tueuse née de recherches scientifiques ou encore risques pour la santé humaine. En 1972, au Japon, des habitants de Minamata furent contaminés par les coquillages qu’ils mangeaient, eux-mêmes contaminés par du mercure déversé par une usine toute proche.

Tchernobyl sans frontière
La Belgique est connue pour son équipe de football, son chocolat, ses frites et certains faits d’actualité moins heureux. Parmi ceux-ci figure la remise en route de centrales nucléaires pourtant identifiées comme en fin de vie (40 ans). Les pays limitrophes (Pays-Bas, Luxembourg et Allemagne) s’inquiètent des conséquences de ces réactivations, notamment, suite à une série d’incidents récents tels qu’un début d’incendie dans un tableau électrique, une fuite d’eau dans un générateur ou encore un problème d’alternateur. Les responsables politiques belges mettent tout en œuvre pour rassurer leurs homologues étrangers au cours de différentes rencontres.
Mais s’imaginent-ils vraiment que les déchets nucléaires se limitent aux frontières du pays dans lequel se trouvent les centrales ou mieux encore à un certain périmètre autour de celle-ci ?

Tchernobyl est la preuve concrète que ce n’est pas le cas et que les conséquences tant au niveau humain qu’écologique sont lourdes.

Preuve que cet enjeu suscite l’intérêt au sein de toute l’Europe, une pétition, demandant l’arrêt des réacteurs de Doel et Tihange, comptabilise plus de 800.000 signatures. Pour plus d’informations sur cette campagne, n’hésitez pas à consulter cette page.

Propriétaire mais pour combien de temps encore ?
Au vu des deux thèmes développés auparavant, il apparaît que l’homme s’identifie davantage comme propriétaire que comme protecteur de la planète. En tant que Citoyen Responsable Actif Critique et Solidaire, peut-on cautionner ce choix et faire comme si de rien n’était ? Comme si le futur des prochaines générations n’avait aucune importance, comme si le fait de leur laisser une planète fissurée et une nature défigurée entrait dans la logique des choses ?

Ouvrir la vitre de sa voiture pour jeter un papier dehors au lieu de le jeter à la poubelle ou prendre sa voiture pour parcourir 500 mètres relèvent de la paresse. Choisir le sac plastique au détriment de la caisse en carton ou du sac réutilisable est un signe d’imprévoyance tandis qu’asperger intensivement ses légumes « bio » de pesticides traduit une certaine inconséquence.

Ces mauvaises habitudes peuvent être contrecarrées en sensibilisant les jeunes à la nécessité du tri des déchets de manière systématique, à la récupération, à la consommation de produits locaux… Des gestes simples qui doivent devenir naturels pour rendre possible une cohabitation durable avec la planète.

Florence Vandesteene
Permanente pédagogique
florence.vandesteene@resonanceasbl.be