
Classique, jazz, rock, world music ou electro. Underground ou mainstream. En intérieur ou en extérieur. Un jour, ou deux, ou trois, voire toute une semaine. Engagé ou pas. Durant l’été musical, il y en a pour tous les goûts – et pour toutes les bourses. Et toi, quel festival es-tu ?
Werchter, Dour, Pukkelpop, Couleur Café, Esperanzah !, les Ardentes, les Francos … La saison des festivals bat son plein. Et le choix est large : on y trouvera virtuellement tous les styles de musiques. Même au sein d’un même événement. On constate en effet que, depuis quelques années, il y a de moins en moins de festivals spécialisés dans un genre musical précis. Volonté de certains organisateurs de diversifier leur programmation ou simple envie de ratisser large pour gonfler les chiffres d’affluence ? Un peu des deux souvent. La généralisation des scènes multiples dans les grands festivals rend cela encore plus évident, mais aussi plus facile à agencer. Et puis la culture du zapping est passée par là, qu’on aime ou pas…
Certains puristes regretteront le temps où chaque festival avait son écurie de groupes au style similaire et son public bien précis (« Mais que vient faire ce DJ-qui-est-tout-seul-sur-scène-et-qui-joue-même-pas-d’un-instrument dans mon festival de rock ? ») Mais un festival, ça sert aussi à explorer des genres qu’on connaît moins et faire des découvertes. C’est même la marque de fabrique de certains événements, qui choisissent sciemment de ne pas proposer de noms ou de styles trop connus pour plutôt miser sur la curiosité des vrais amateurs.
Et surtout de soigner leur ambiance plutôt que de prendre les spectateurs pour des vaches à lait ! Parce qu’un festival, ce n’est pas juste une scène et des groupes qui défilent (et un guichet d’entrée). Les festivals qui laissent les meilleurs impressions ont souvent un ton, un esprit qui leur est propre. Voire des idées à faire passer.
Par exemple, le site participe de l’ambiance et du caractère d’un festival. L’abbaye de Floreffe ou le Casino de Spa ne sont pas les prairies de Dour ou Werchter… Pareil pour la nourriture. Les petits plats du monde proposés à Esperanzah ! sont bien plus tentants et variés que les snacks industriels (et qui sont même souvent plus chers !) infligés aux clients d’événements moins éclairés. Citons encore, dans le même ordre d’idée, la qualité des structures d’accueil, la présence d’un village associatif ou d’animations thématiques citoyennes, l’importance raisonnable ou limitée données aux sponsors et à la publicité sur le site… Tout ça aussi, c’est de la diversité.
On pourrait même dire un mot sur le stratego politique qui se joue derrière certains festivals. Par le biais de ses élus locaux, fonctionnaires divers ou simples sympathies de la part des organisateurs, chaque parti a son ou ses festivals de prédilection. Et ça joue parfois sur la programmation, car entre musique et politique, il y a toujours eu des liens, voire des enjeux.
L’affaire Orelsan en France – ou comment récupérer le débat sur une chanson controversée pour en faire une nouvelle bataille entre la gauche et la droite - est là pour le rappeler. Mais en général, cela reste discret. Heureusement.
Enfin, rappelons qu’il y a aussi les petits festivals, ceux dont la presse ne parle pas, ou à peine… Et pourtant, leur ambiance est souvent bien plus conviviale. Renseigne-toi, il y en a sûrement dans ta région.
A chacun son festival, donc. Parce qu’il y a vraiment moyen de choisir…
Benoît Lambo
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