L’école à l’écoute ?

Les Ministres Simonet et Laanan ont annoncé la création de structures de coopération et d’intervention concertée au sein des écoles, de « cellules bien-être ». Des quoi ? Des lieux dans les écoles qui mettent en avant l’écoute des élèves. Eclaircissement par l’asbl Jeune et Citoyen.

L’instauration de ces cellules bien-être est un signe de prise de conscience quant à la quantité de temps passé par les jeunes au sein de leur établissement scolaire. C’est également un signal clair à l’attention des directeurs et pouvoirs organisateurs pour rappeler le rôle essentiel de l’école : l’éducation. Afin d’offrir la meilleure éducation possible en milieu scolaire aux jeunes d’aujourd’hui, il y a déjà différents acteurs internes mis en place et bien connus : les enseignants, les éducateurs, et les centres PMS.

La création de cellules bien-être dans les écoles
Une piste globale et intégrée pour la réalité scolaire

Ce que permettrait ces cellules bien-être, c’est l’insertion des structures extra-scolaires. Le but étant d’établir une collaboration entre les acteurs et les partenaires scolaires et extra-scolaires : au lieu d’accueillir des initiatives isolées sur différentes thématiques, il y aurait une réelle orchestration et intégration de différents regards experts des diverses structures extra-scolaires, en lien direct avec le développement et le bien-être des jeunes (telles que la citoyenneté, l’écologie, la santé, la sexualité, les assuétudes ...).

Le tout, adapté et échelonné dans les heures passées par les jeunes à l’école.

L’école a une mission, les enseignants ont leur rôle au sein de l’école et il existe des partenaires pertinents pour soutenir les écoles dans l’accomplissement de leurs nombreuses tâches. La création de ces cellules pourrait être une réponse pertinente aux difficultés croissantes rencontrées par les enseignants. Inviter des partenaires extérieurs dans l’école permet en effet à chacun de se concentrer sur ses missions principales.

L’asbl Jeune Et Citoyen voit dans cette initiative l’opportunité de conscientiser toutes les écoles sur l’importance de l’éducation à la citoyenneté et à la participation des jeunes et moins jeunes. Nous pensons qu’offrir au jeune l’opportunité concrète d’être partie prenante au projet de son école augmente son sentiment d’importance et d’implication. En découle aussi une augmentation de son plaisir à venir à l’école et donc de meilleures dispositions face à l’apprentissage.

Vers un meilleur « vivre-ensemble » ?

Ces cellules offrent potentiellement des espaces propices à la réflexion, aux changements et aux adaptations de l’école induites notamment par une réelle prise en compte de la parole des élèves.. Selon nous, il est impératif que les jeunes puissent participer activement à la mise en place (et à l’évaluation continue) de ces cellules. Nous y entrevoyons en effet des lieux de concertation et de partage, entre les acteurs de l’école-même et avec des partenaires externes à l’école, tournés vers l’amélioration du « vivre-ensemble ».

Au lieu d’accueillir des initiatives isolées sur la citoyenneté, la santé ou l’écologie, pour ne citer qu’eux, ces cellules permettent aussi une réelle orchestration et intégration de chaque expertise. Ceci en vue de mieux répondre aux besoins des écoles de manière adaptée et échelonnée dans les temps scolaires.

Nous pensons que ces cellules du « bien-être » représentent un réel espoir de solution créative pour toutes les écoles qui se sentent « envahies » et « dépassées » par des problèmes de société qui se jouent dans leur enceinte. Une chose est sûre : pas question de baisser les bras ! Une telle initiative doit impérativement s’inscrire dans le long terme pour porter ses fruits. Les écoles et autres acteurs concernés ne peuvent plus investir d’énergie ni de temps dans des patchs ou autres bricolages d’amateur. L’ensemble des acteurs a besoin d’un cadre clair, posé et durable afin de mener un travail éducatif sérieux avec les jeunes. L’Ecole a besoin de se sentir soutenue dans une temporalité dépassant largement une seule législature.

Stéphane HOUBION

ASBL Jeune Et Citoyen (JEC)