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Selon nous
L’activation des chômeurs… vers quoi ?
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13/03/2008

14/03/2008

« La baisse du chômage est en grande partie due au plan d’activation ». Dixit le rapport d’évaluation du plan d’activation des chômeurs discuté cette semaine par le gouvernement intérimaire, qui semble donc satisfait de cette mesure. Et en minimise les effets pervers…

Chercher un emploi n’est pas chose facile, en trouver un encore moins. Mettre en place des structures pour aider les demandeurs d’emploi - et particulièrement les jeunes – n’est donc certainement pas une mauvaise chose. Seulement voilà, à côté du volet assistance, il y a le volet contrôle. Dans tous systèmes, il y a des profiteurs. Mais encore faut-il s’entendre sur le mot ‘profiter’. Si l’on comprend par là des personnes bénéficiant d’autres revenus (boursiers, immobiliers, patrimoniaux, etc.) et faisant abusivement valoir leur droit à l’assurance-chômage alors que leur survie n’en dépend pas, nous sommes d’accord sur le principe de tenter de les déceler. Mais ces contrôles mettent aussi sous pression la part croissante de ceux - et notamment de nombreux jeunes – qui, placés sous le règne de la débrouille et démunis autant devant les institutions que les employeurs, sont progressivement considérés comme inadaptés au diktats de l’économie triomphante. Et on voit mal comment une exclusion des allocations – même temporaire - leur permettrait d’améliorer leur situation et de reprendre confiance en eux.


Si, quantitativement, on peut débattre sans fin sur l’adéquation du terme de « chasse aux chômeurs », il ne faut pas perdre de vue l’essentiel, la question de fond. Ce qui est inacceptable, c’est de faire porter la responsabilité du chômage aux chômeurs. De plus, un chômeur isolé touchant un peu moins de 700 euros par mois peut-il vraiment être taxée de vivre paresseusement sur le dos des impôts des travailleurs et des sociétés (du moins celles qui en paient entre deux cadeaux fiscaux…) ? Pour rappel, le seuil de pauvreté en Belgique pour ces mêmes personnes isolées est de 822 euros par mois. Et puis les libéraux l’ont théorisé depuis longtemps : l’insécurité professionnelle favorise la docilité des salariés…


Si le nombre de sanctions reste faible, la menace, elle, est bien réelle. Et surtout souvent injuste et injustifiée. Sur un marché de l’emploi célébrant la flexibilité totale, les contrats de plus en plus courts, le salaire au mérite et l’évaluation permanente du rendement, il est indécent de chercher à restreindre un droit de plus en plus nécessaire à la couverture sociale.


L’activation des chômeurs ne doit pas non plus faire perdre de vue les autres problèmes de l’assurance-chômage. Notamment la revalorisation générale des allocations et le réexamen complet du problème des cohabitants qui ne sont pas conjoints – situation bien connue de beaucoup de jeunes demandeurs d’emploi.


Une dernière question à se poser se situe encore au-delà. De plus en plus de jeunes attachent une importance grandissante au sens, à la valeur et à la qualité de leur emploi, qu’ils l’aient décroché ou pas encore. Et cela ne rentre pas du tout en compte dans l’optimisme hypocrite des statistique du chômage, pour lesquelles un emploi précaire et à la finalité absurde est un emploi créé comme un autre...


Benoît Lambo
blambo@cjc.be


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