L’accès à l’alimentation, un droit reconnu pour tous et par tous

En 1948, le droit à l’alimentation a été adopté dans la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son bien–être et de sa famille, notamment pour l’alimentation… ». La sécurité alimentaire est donc l’un des enjeux fondamentaux des sociétés. Aujourd’hui un milliard d’êtres humains souffrent de la malnutrition, qu’en sera–t-il en 2050 lorsque la planète abritera 9 milliards d’êtres humains ? Des brevets sur le vivant, l’élevage intensif de quadrupèdes charnus ou de poissons trop voraces… les pays développés ne manquent pas d’imagination quand il s’agit de nourrir leurs populations. Qu’en est–il des impacts au niveau planétaire ?

Des brevets sur le vivant

« Toutes les six secondes, un enfant meurt à cause de problèmes liés à la malnutrition », affirme le directeur général de la FAO, Jacques Diouf. Il existe donc un dérèglement important dans la péréquation de la nourriture et plus encore au niveau des moyens permettant d’y accéder. La pauvreté est l’une des raisons majeures empêchant l’accès à une alimentation suffisante. Les principales victimes sont les populations d’Asie et d’Afrique sub-saharienne. L’accès à la terre y est infime, voire inexistant, et lorsqu’il est possible les multinationales font valoir des brevets [1] sur le vivant empêchant les autochtones de ressemer les grains récoltés.



Surpoids et sous-nutrition

Les inégalités face à l’alimentation sont très importantes : pays développés et en voie de développement ne rencontrent pas les mêmes préoccupations. Pour les uns, la quête de nourriture est une préoccupation de chaque instant ; pour les autres, il s’agit de soigner son assiette en fuyant les pesticides, OGM, vache folle et autres. Peter Menzel illustre de manière pertinente cette réalité : dès le premier regard posé sur ses photographies, on observe de très fortes disparités tant au niveau économique qu’alimentaire.

Entre excès de confiance et prise de conscience

Armés d’une liste de course pour les plus prévoyants et de leurs seules envies pour les insouciants, nous arpentons régulièrement les grandes allées des supermarchés. Confiants ou pressés, nous ne lisons que peu ou pas les inscriptions des emballages tout en profitant au maximum des prix planchers.

Mais que savons-nous de la perche du Nil qui fait si souvent l’objet de « promotion » ? D’où proviennent les viandes de bœuf, porc ou poulet bradées à prix discount ? La première, principalement destinée aux marchés occidentaux, fait l’objet d’un élevage intensif dans le lac Victoria dont elle a bouleversé l’écosystème tout en figeant l’Afrique dans son statut de fournisseur de matières premières.

Quant aux secondes, elles font bien souvent l’objet de grosses productions : les animaux ne gambadent plus joyeusement au sein de vertes pâtures mais restent cloisonnés dans des espaces réduits où ils doivent grossir de manière rapide tout en consommant du soja, du maïs, des antibiotiques et des farines animales.

Soyons CRACS, prenons conscience de ce qui se trouve dans nos assiettes et privilégions la qualité à la quantité !! De quelle manière ? En consommant des denrées produites chez des producteurs respectueux de l’environnement, des consommateurs, en privilégiant l’achat de produits issus du commerce équitable mais également en modifiant nos habitudes alimentaires…

Florence Vandesteene
Permanente pédagogique
florence.vandesteene@resonanceasbl.be



Illustrations :
En haut : http://publikart.net/hungry-planet-peter-menzel
Graphique : http://www.les-crises.fr/la-faim-dans-le-monde/

[1Les brevets sur le vivant permettent aux pays du Nord de s’approprier les ressources génétiques du Sud, voire de les en exproprier