Journée internationale de la jeunesse, ah bon ?

Ce 12 août a eu lieu la journée internationale de la jeunesse. Cet événement organisé par l’Organisation des Nations Unies n’a eu que très peu d’échos dans les médias belges. Marquons dès lors un temps d’arrêt sur cette journée consacrée aux jeunes du monde entier.

En 1999, l’assemblée générale de l’ONU désigne le 12 août comme journée internationale de la jeunesse. Son but est d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les problématiques liées à la jeunesse et de mettre en avant le potentiel des jeunes en tant que véritables acteurs de la société.

En Belgique, on a très peu évoqué cet événement. A force de multiplier les journées internationales, les thématiques importantes finissent, sans doute, par passer à la trappe. La problématique de la jeunesse aurait pourtant mérité plus de visibilité ! Surtout en cette période post-électorale où il serait bon de rappeler à nos politiques et, plus particulièrement, à notre nouvelle Ministre de la Jeunesse, qu’il est temps de faire de la jeunesse une priorité.

A cet égard, nous pouvons citer l’exemple de l’UNESCO, un des instigateurs de la journée internationale de la jeunesse. Un des objectifs de cette organisation onusienne (dont la Belgique est membre) est de contribuer à l’autonomisation des jeunes, en allant à leur rencontre ainsi qu’en répondant à leurs attentes et idées.

Dans ce sens, un Forum des Jeunes de l’UNESCO est organisé tous les deux ans depuis 1999. Ce forum rassemble des jeunes délégués venus du monde entier pour échanger des points de vue, partager des expériences, réfléchir ensemble et, avant tout, identifier des préoccupations et des problèmes communs. De là découlent des propositions faites aux membres de l’organisation.

A partir des propositions du dernier forum des jeunes (2013), l’UNESCO a décidé de lancer un plan de « stratégie opérationnelle de la jeunesse 2014 – 2021 » [1] . Une des volontés de ce plan est de renforcer l’implication des jeunes dans la prise des décisions et la mise en place des politiques qui les touchent directement.

Aussi, dans la stratégie jeunesse de l’UNESCO [2], un paragraphe détaille que « …les jeunes sont des acteurs majeurs dans tous les aspects du développement, et leur énergie, leur motivation et leurs points de vue sont des qualités essentielles pour mettre en marche un changement social positif. Depuis peu, on constate ainsi une reconnaissance accrue de la nécessité de placer les 15-24 ans au centre de l’agenda du développement. Beaucoup de chemin reste, cependant, à être parcouru pour s’assurer que les jeunes ne sont pas seulement « pris en compte » mais se voient offrir également la possibilité de participer à la prise de décision et à l’action à tous les niveaux, en tant que partenaires égaux. »

En aidant les jeunes à devenir des CRACS, les organisations de jeunesse participent grandement à favoriser leur participation active dans l’élaboration de la société de demain. Elles permettent aux jeunes de s’exercer à la démocratie, à la prise d’initiative et à la construction de projet… Mais, en dehors de nos OJ, il y a encore du chemin à faire pour que les jeunes deviennent de véritables chevilles ouvrières dans l’élaboration du fonctionnement de notre pays.

Espérons dès lors que nos politiques, en dessinant cette nouvelle législature, tiennent compte des projets de l’UNESCO pour réellement impliquer les jeunes. De plus, vu leur rôle primordial dans l’épanouissement de la jeunesse, qu’ils permettent à nos OJ de perdurer pour des années encore…

Sébastien Persoons
Permanent pédagogique – Résonance Asbl
sebastien.persoons@resonanceasbl.be