Jeux d’argent, jeunes de perdants !

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Crioc
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Malgré l’interdiction légale, 15% de jeunes déclarent jouer à des jeux d’argent avant 18 ans. Les ados n’hésitent pas à jouer pour de l’argent. La plupart commence à jouer dès 13-14 ans et le leurre est bien présent chez les jeunes de 16 ou 17 ans. Ils dépensent en moyenne 32 euros par mois pour des jeux dont les plus populaires sont les billets à gratter (56%) qu’ils achètent en moyenne 2 à 3 fois par semaine. Les jeunes sont aussi moins nombreux mais plus assidus aux jeux par SMS ou par téléphone. Un jeune sur 2 qui a joué pour de l’argent a déjà participé à une loterie, et quatre sur 10 au poker. Autant de bonnes raisons, donc, estime le CRIOC, pour encourager les pouvoirs publics à protéger les jeunes consommateurs des pièges d’un amusement qui peut mal tourner.

L’argent rapidement gagné en jouant des jeux de hasard comme les billets à gratter, le poker, jouer aux cartes ou sur le Bingo dans un café, s’avère toujours une tentation importante. Mais plus encore pour les jeunes fumeurs et utilisateurs de stimulants ou de produits qui créent une accoutumance.

Profil type du joueur

Les garçons jouent plus souvent aux jeux de hasard pour de l’argent que les filles. Les garçons eux, préfèrent le poker ou les cartes tandis que les filles se laissent plus facilement tenter par le Bingo dans un café. On trouve une part plus importante de jeunes joueurs dans les villes wallonnes où les luna-parks, les salles de jeux sont très populaires. À Bruxelles, les billets à gratter remportent un franc succès alors qu’en campagne wallonne, on joue plus souvent au poker et aux cartes pour de l’argent. Les jeunes vivants en campagne flamande maintiennent leur préférence pour le billard.

Dépendance au jeu

Fait inquiétant : "La dépendance au jeu apparaît", souligne Marc Vandercammen, Directeur Général du CRIOC. "Près de 10% des jeunes qui jouent pour de l’argent, déclarent avoir plus de difficultés à rester concentrés quand ils sont dans l’impossibilité de jouer pendant une longue période. Un jeune sur 20 devient nerveux ou irritable lorsqu’il se trouve dans l’impossibilité de jouer pendant une longue période. Plus grave sans doute, l’étude du CRIOC, révèle que les jeunes fumeurs sont presque trois fois plus nombreux, que la moyenne, à avoir joué pour de l’argent et cinq fois plus nombreux que la moyenne pour les consommateurs de produits dopants."

Les jeunes qui ne sont pas satisfaits de leur environnement (familial, quartier, scolaire) sont plus souvent tentés par les paris, les loteries sur Internet ou les jeux concours par SMS ou par téléphone. Car, pour certains jeunes, l’accoutumance aux jeux de hasard n’est que la partie visible de l’iceberg et de leurs difficultés à vivre.

Agir tôt pour éviter l’enlisement

L’apparition et la dépendance aux jeux de hasard doit être détecté au plus vite et requière donc de la responsabilité de l’entourage de l’enfant afin de garantir un traitement curatif efficace. Car, les jeux de hasard, outre le fait qu’ils s’avèrent souvent coûteux, peuvent également entraîner une véritable dépendance : certains jeunes consommateurs se laissent entraîner par l’illusion du gain facile.

Le CRIOC estime qu’il revient aux Pouvoirs Publics de développer des contrôles stricts et des sanctions sévères pour décourager les vendeurs qui ne respectent pas la législation. Tant pour les entreprises publiques que privées et leur réseau de distribution afin de garantir que des jeunes de moins de 18 ans ne puissent pas participer à des jeux de hasard.

Pour consulter l’étude complète, cliquez sur le document ci-dessous.

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