Travailleurs chinois et européens : même combat !

J’y étais "Rencontre Jeunes CSC - Syndicats chinois"

Mercredi 04/10/2006 après midi, une rencontre entre des représentants de syndicats chinois et des jeunes militants de la CSC (travailleurs, sans emploi, et étudiants) a eu lieu à la CSC de Mouscron. Cette rencontre était organisée dans le cadre de la campagne Vêtements Propres (qui vise au respect des droits des travailleurs de la confection textile dans le tiers-monde) à l’invitation des Jeunes CSC.
L’objectif était d’échanger sur les réalités des deux pays et sur les pratiques syndicales. Cette rencontre a davantage mis en évidence ce qui nous rapproche que ce qui nous sépare.

Casser les mythes pour mieux cerner les enjeux

Le choix d’organiser cette rencontre à Mouscron n’est évidemment pas anodin. Dans cette ville, marquée par la tradition de l’industrie textile et les problèmes de délocalisations, la population est très inquiète face à la dite « invasion des produits textiles chinois ». Ce mythe de la menace des travailleurs chinois est aussi répandu dans les autres pays asiatiques mais il est en train de se briser. Par exemple, les travailleurs de la confection de Hong Kong sont réputés pour leur rapidité au travail. Or, depuis quelques années, de nombreuses délocalisations ont lieu vers le Cambodge alors que la main d’œuvre « y est plus lente ». Ici aussi, nous entendons souvent que les polonais sont plus courageux, les indiens plus intelligents, ... Or, tout ce qui intéresse les investisseurs est la réduction des coûts de production (dont ceux de la main d’œuvre) à court terme et pas telles ou telles aptitudes des travailleurs. Prétexte qui permet de culpabiliser les chômeurs des pays d’ici et d’ailleurs et de susciter la concurrence entre travailleurs.

Toute ressemblance avec des pays connus est fortuite...

Les travailleurs de Hong Kong sont victimes de la délocalisation de leurs entreprises vers le reste de la Chine suite à l’entrée de cette dernière dans l’OMC. Ce phénomène a engendré une augmentation importante du chômage des jeunes et du travail au noir, l’instauration de politiques de formations et d’aides à l’emploi aux entreprises. La raison invoquée par les employeurs est que le problème du chômage est du à l’insuffisante qualification des jeunes !
Face à l’important manque d’emploi, les jeunes, principalement, acceptent des petits boulots dans des conditions inférieures au minimum légal ou migrent vers la Chine !


La Chine elle-même n’est pas à l’abri ! Certaines de ses industries sont parfois délocalisées vers le Cambodge par exemple. Les travailleurs des régions les plus pauvres sont attirés vers les zones plus industrialisées pour les embaucher dans des conditions encore plus mauvaises que celles des travailleurs résidents. On compte environ 300 millions de travailleurs migrants à l’intérieur de la Chine !

Agir pour les droits des travailleurs

Pour freiner la course aux coûts de production les plus bas, de nombreux syndicats et ONG luttent pour le respect des droits des travailleurs.
L’obstacle le plus important est le pouvoir politique qui, à la fois, punit toute tentative de d’organisation libre des travailleurs et se plie aux exigences des investisseurs étrangers.
Les syndicats libres étant interdits en Chine, des associations extérieures mènent un travail de fond sur place pour informer les travailleurs sur leurs droits et pour les aider à les faire respecter. Les délégations syndicales belges d’entreprises comme Carrefour, Cotton Group,... font pression sur leurs directions pour qu’elles soient plus attentives aux conditions de travail des travailleurs de leurs fournisseurs.
En parallèle, des campagnes sont menées au niveau international pour faire pression sur les marques et les distributeurs (dont le siège est souvent chez nous) afin qu’ils imposent des clauses sociales à leurs fournisseurs. La pression des consommateurs des pays occidentaux joue aussi un rôle très important.

A l’aube des jeux olympiques de Pékin, c’est à nous tous de prêter attention à la situation des travailleurs chinois et de marquer notre solidarité en participant aux différentes campagnes qui seront menées.