
A vous de voir
J’ai vu, j’ai lu, j’y étais
J’y étais
Le 27/11/2006, la Fondation Roi Baudouin organisait un colloque sur le thème : Comment favoriser les relations intergénérationnelles ? Deux experts : Kees Penninx (socio-gérontologue venu des Pays-Bas) et Michel Loriaux (professeur émérite à l’Institut de Démographie de l’UCL) y ont présenté leur vision sur les défis du vieillissement pour les relations intergénérationnelles.
L’enjeu essentiel qui en ressort est d’assurer le lien social à l’avenir, maintenir les relations entre les générations dans une société vieillissante afin d’éviter le risque de conflits entre les générations.
Kees Plenninx a fait part d’expériences de terrain menées aux Pays-Bas depuis 8 ans. Il a insisté sur l’importance du débat avec les différentes générations au niveau de la sphère publique : parcs, places, quartiers, organisations sociales, commerces, structures de soins de santé de proximité, ....
Pour lui, en parlant de « Tsunami » du vieillissement, on présente la vieillesse de manière négative. Il faut que la société fasse passer une nouvelle vision du vieillissement, il ne faut pas non plus axer le débat uniquement sur la problématique financière (problème des pensions par ex.) Il faut voir ce que les personnes âgées ont aussi à offrir, être à leur écoute. Il faut les aider à reconquérir le domaine public.
Pour illustrer cette intervention, un film a été montré sur une initiative lancée aux Pays-Bas : des jeunes se rendant au domicile de personnes âgées pour y accomplir de petits services contre distribution de points (argent de poche).Il paraît que 90% d’entre eux se sont engagés à le continuer gratuitement car cela leur a permis de se sentir écoutés, ils ont noué de nouvelles vraies relations.

Pour lui, le changement principal qui s’était opéré dans la société, est que les générations se succèdent plus rapidement (une génération étant liée aux événements de l’histoire et les événements auxquels chacun se réfère se succédant plus rapidement). Il y a plus de générations en vie en même temps. Face au problème d’assurer la cohabitation d’autant de générations, il faut pouvoir répondre en respectant les spécificités de chacune.
Il a également souligné qu’il ne pouvait y avoir d’intergénérationnel sans solidarités (encouragement à créer un nouveau contrat social intergénérationnel) et montré qu’il faudrait pouvoir retrouver la solidarité naturelle d’autrefois et imaginer de nouvelles formes de solidarité comme par ex. une banque du temps, des familles d’accueil pour les isolés, des emprunts pour seniors qui lanceraient des activités créatrices d’emploi....
Pour lui, trois principes de base sont à respecter pour tout projet visant l’intergénérationnel :
toucher tous les secteurs de la vie
toucher toutes les générations et pas seulement une tranche d’âge ou les très jeunes et les très vieux
favoriser la réciprocité (pas uniquement une tranche d’âge en faveur d’une autre)
Dans une semaine, quelques exemples d’actions illustrant ces trois principes seront repris sur le site internet www.kbs-frb.beainsi que les interventions des deux orateurs.
Martine De Booseré,
martine.deboosere@entraideetamitie.be
www.entraideetamitie.be
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