
Cela fait déjà presque 7 ans que l’Irak est un pays qui fait quotidiennement parler de lui. Ce lundi 8 mars c’est encore le cas.
Vous allez me dire qu’il n’y a rien de spectaculaire à cela, puisque on ne compte plus le nombre d’articles relatant les attentats qui y sont perpétrés.
Pourtant, un élément majeur diffère aujourd’hui : l’Irak semble nous donner une leçon de démocratie !
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l’Irak est balloté entre dictature et souveraineté partagée, entre conflit chiite et sunnite (différentes branches de l’islam), entre ouverture et fermeture au monde. C’est à partir du 11 septembre 2001 (attentats sur les tours du World Trade center) que leur histoire se mêle à la nôtre. Après avoir compté leurs morts, les États-Unis, du moins en apparence, vont mener la guerre contre le terrorisme. Saddam Hussein est alors accusé par les Américains, et sur base de preuves (ir)réfutables, de posséder des armes de destruction massive (il est clair aujourd’hui que ces accusations étaient sans fondement).
Entre mars et mai 2003 la « Coalition » se charge de nous débarrasser de cette menace. Saddam Hussein est destitué et même exécuté. Les Américains investissent le pays et en prennent possession. L’ennemi neutralisé, la Coalition a toute liberté de profiter des richesses, surtout pétrolière, qu’offre la terre irakienne.
Du changement, tous aux urnes…
Ce lundi 8 mars, les Irakiens se sont rendus aux urnes. Puisque les Américains rendent l’Irak aux Irakiens, ils sont appelés à exprimer leur volonté électorale.
Malgré les menaces prodiguées par certaines branches d’Al-Qaïda, le peuple irakien s’est déplacé en masse. Les obus et les bombes n’ont pas dissuadé ce peuple en quête de liberté d’assaillir les bureaux de votes. Pourtant le danger était de taille.
Lors de ce scrutin législatif, les autorités ont dû déplorer 38 morts et 110 blessés. Préoccupés par leur avenir, les Irakiens n’ont pas hésité à se déplacer au risque d’y perdre la vie. En serions-nous capables ?
Souvenons-nous !
Le droit de vote en Europe n’a pas été obtenu facilement. Les générations passées se sont battues pour que le droit de vote soit un droit pour tous.
En effet, différents combats ont été menés à différentes époques afin que ce droit devienne effectivement universel. Au départ limité aux hommes propriétaires savaient payer le cens (suffrage censitaire), le droit de vote s’élargit, dans un premier temps, à tous les hommes (suffrage universel masculin) et enfin, beaucoup plus tard, aux femmes.
En écoutant les débats qui interrogent la pertinence de l’obligation de vote, on est en droit de se demander si nous ne passons pas à côté du vrai débat. Les générations actuelles ont reçu leurs droits en héritage. De ce fait, elles n’ont pas conscience des sacrifices occasionnés par les générations précédentes préoccupées par leur avenir.
N’est-il pas temps de leur transmettre ce bout d’histoire ? N’est-il pas temps de leur transmettre ce goût de la revendication solidaire dont notre liberté résulte ? Où avons-nous (nous aussi) oublié ? Regardons vers l’Irak et souvenons-nous !
Mireille Tsimangas
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Animatrice pédagogique - ICC
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