Internet ou la pollution cachée …

Ce matin, une belle journée se profile à l’horizon… Je me lève, dégaine mon smartphone prends une photo de mon jardin en fleurs et la partage sur Facebook. Je regarde la météo et ouvre mon ordinateur pour consulter mes mails. Ainsi commence ma vie connectée à ce géant nommé Internet… Sur un des courriers entrants, je peux lire : « Pensez à l’impact sur notre environnement, n’imprimez ce mail que si c’est vraiment nécessaire ». Mais finalement, la révolution numérique est-elle si propre que cela ?

La vérité commence sous nos pieds… Une fois le bouton « Envoyer » pressé, mon mail var parcourir un trajet de plusieurs dizaines, centaines ou milliers de kilomètres. Il va d’abord passer par la « box » de mon fournisseur Internet, puis par une borne située dans la rue avant de prendre la direction d’un Datacenter. Là, il sera traité, stocké et réorienté avant de faire le chemin inverse pour arriver jusqu’à mon destinataire. Or, pour faire fonctionner ces installations, il faut de l’énergie en quantité…

Un mail avec une pièce jointe consommera à lui-seul 25Watts, soit environ 19 grammes de CO2. Par heure, ce sont plus de 10 milliards de mails qui sont envoyés. En énergie, cela correspond à l’équivalent de la production de 15 centrales nucléaire ou de 4000 aller-retour Paris-New-York. A cela viennent s’ajouter, chaque minute, les quelques 100 heures de vidéos postées sur Youtube, les 2 millions de recherches, les centaines de milliers de posts sur les réseaux sociaux, les Clouds…

L’installation la plus énergivore se situe dans les centres de données (Datacenter) où des centaines d’ordinateurs tournent en permanence pour traiter et stocker le flot continu d’informations qui y transitent. A cela vient s’ajouter les infrastructures chargées de refroidir les équipements qui représentent 40% de leur consommation énergétique. En outre, pour éviter toute perte de données, ces équipements sont doublés voire même triplés. En moyenne, un tel centre consomme l’équivalent d’une ville de 30.000 habitants par jour. Il n’y a donc rien de virtuel derrière nos clics… Les Clouds immaculés se transforment en nuages de fumées issus des centrales - pour la plupart à charbon - électriques chargées de faire fonctionner Internet… Conscients de cette problématique, les géants informatiques commencent à envisager des alternatives telles que des installations moins énergivores, l’utilisation des énergies renouvelables, l’installation dans des régions froides ou encore la récupération de la chaleur produite par les installations.

Toutefois, la révolution environnementale numérique commence aussi par nous avec de petits gestes simples, mais lourds de conséquences :
• Effacer les données obsolètes ou inutiles de sa boîte mail ou de son Cloud pour libérer de l’espace
• Rassembler toutes les informations destinées à une personne dans un seul mail
• Eviter de choisir « répondre à tous » quand cela n’est pas nécessaire
• Utiliser des navigateurs et des messageries éthiques et responsables tels que Ecosia ou Newmanity.
• Utiliser un disque dur externe pour stocker ses données peu utilisées plutôt qu’un Cloud
• Fermer les onglets non utilisés sur son navigateur ou utiliser la fonction « Favoris »
• Afficher un mail plus de 15 minutes consomme plus d’énergie que de l’imprimer en recto/verso sur du papier recyclé
• Réfléchir à deux fois à l’utilité des posts que nous faisons sur les réseaux sociaux (Tout le monde doit-il savoir que je mange une pomme en ce moment ?)

On estime qu’une entreprise de 100 personnes qui diminuerait ses mails de 10% réduirait son empreinte carbone d’une tonne par an. A l’échelle mondiale, si chacun fait un pas vers une consommation informatique plus responsable, ce serait le début d’une nouvelle révolution techno-écologique…. Alors pourquoi ne pas commencer maintenant ?

Guillaume Hannecart
Animateur pédagogique
guillaume.hannecart@resonanceasbl.be

Source : https://www.youtube.com/watch?v=75mx9pRJyLg