Génération 2011 !

Après le printemps des peuples arabes, c’était au tour de nombreux citoyens du monde entier de descendre dans les rues samedi dernier 15 Octobre. Des millions de personnes ont manifesté dans un millier de villes. Cette journée internationale de mobilisation est sans doute un événement sans précédent dans l’histoire de l’humanité… Quels sont les enjeux ? L’avez-vous vu à la télé ? Pourquoi des millions de gens passent-ils inaperçus ? Pourquoi les médias ignorent-ils superbement ces élans citoyens ?

Des indignés du monde entier

Des citoyennes et citoyens de plus de 80 pays se sont donné-es rendez-vous le même jour pour en finir avec l’escroquerie des marchés et la soumission aux doctrines libérales.

500.000 à Madrid, 100.000 à Rome, 60.000 à Barcelone, 50.000 à Lisbonne, 20.000 à Porto, 5.000 à Francfort, devant le siège de la Banque centrale européenne, et tant d’autres à Paris, New-York, Londres, Sarajevo, Saint-Pierre, à Buenos Aires, en Australie, au Japon… ou ici à Bruxelles. Ce qui n’est pas rien.

Ils étaient des millions, réunis pour revendiquer « une démocratie véritable ».
Les gens ne veulent pas que les grandes entreprises influencent leurs représentants politiques. Ils veulent que ces derniers soient comptables de leurs actes. Ils veulent être bien représentés… Mais ce n’est pas tout, renvoyant dos à dos les partis traditionnels pour leur incapacité à rencontrer les aspirations des jeunes confrontés à un chômage massif et à l’absence de perspectives d’avenir, les Indignés dénoncent aussi les politiques néo-libérales. Parti d’Espagne, ce message est en train de franchir les frontières, s’implantant aisément sur le terrain fertile des pays d’Europe confrontés à la crise et plus largement dans le monde.

Ces chiffres de participation sont d’autant plus incroyables que les foules ne se sont pas déplacées à l’appel de syndicats ! Le mouvement est entièrement indépendant de tout syndicat ou partis politiques.
Internet – et Facebook en particulier - fait d’ailleurs office de caisse de résonance au mouvement, multipliant les initiatives et favorisant la mobilisation. Ce sont des sites, des blogs, des radios, des albums de photos partagés par millions qui contribuent à densifier le mouvement et à accélérer la dynamique.

Des médias qui boudent

Face à cette mobilisation internationale mais surtout citoyenne et non-violente, on aurait pu croire que les médias auraient relayé l’information et pourtant non ! Les médias ont fortement minimisé le mouvement.
Ce ne sont pas des milliers de personnes, comme cela a été rapporté parfois, mais des millions d’indignés qui ont été censurés.

Le rôle des médias n’est-il pas de rendre compte de ce qui se passe dans la société ? Aujourd’hui, l’information est définie par les journaux, par les écoles de journalistes, selon des critères de proximité et de rareté. On dit souvent « Un train qui est en retard est une info, un train qui arrive à l’heure n’en est pas une », adage qui est démenti un peu trop souvent par la SNCB. Et lorsque des millions de citoyens s’unissent pacifiquement dans un même objectif, ce n’est pas une information ? Un événement ? Qui mérite d’être relayé, d’être expliqué ?

Dès lors que penser de ce passage sous silence médiatique ? Où se situent l’indépendance et l’autonomie journalistique ? Auraient-elles complètement disparues ? Faire l’autruche est-il le comportement adéquat ? Certainement non mais quand on sait à qui appartiennent la majorité des journaux, on comprend la censure qui s’est donc imposé d’elle même… Bonne nouvelle, les indignés sont craints ! Pas très CRACS, tout ça...

Celia Deshayes
cdeshayes@cjc.be



Plus d’infos :
http://andrewgavinmarshall.com/2011/10/16/be-the-change-a-12-point-proposal-for-the-occupy-movement/