Football : c’est quoi être belge ?

Ca y est ! Les Diables Rouges nous font enfin vibrer à nouveau ! Ils nous rendent fiers d’être Belges ! Cette joyeuse actualité a néanmoins mis en lumière le choix difficile auquel certains jeunes footballeurs ont été confrontés : choisir entre l’équipe nationale de leur pays d’accueil et celle du pays d’origine de leurs parents. Une situation rarement simple…

La belgitude… chacun la vit à sa manière et si on posait la question à chaque lecteur, il y aurait une multitude de réponses différentes avec tout de même des éléments communs.

Avoir une nationalité, c’est avoir un lien juridique avec un état. Pour être belge, il faut répondre à des conditions bien précises. Pour beaucoup de nos compatriotes, la question ne se pose pas : on est belge par la naissance. C’est un fait : un empêchement de flamandiser en rond pour certains, un détail pour d’autres voire encore une fierté. A chaque fête nationale, lors de la crise politique qui a secoué notre pays en 2010 ou de la prestation de serment de Philippe 1er, on voit fleurir aux fenêtres les drapeaux aux couleurs nationales comme des boutons de fièvre nationaliste. C’est une réaction identitaire forte.

Pour certaines personnes, ne pas avoir la nationalité belge est un problème. Ou pour le dire autrement, devenir belge est très important. Si cette question se pose moins pour les étrangers européens, il s’agit d’une question beaucoup plus complexe pour les non-européen notamment parce que les conditions d’accès au territoire se sont durcies. On distingue habituellement plusieurs voies d’immigration. En Belgique, une des voies les plus importantes est le regroupement familial mais il en existe d’autres types : la migration à des fins humanitaires, la migration économique ou à des fins professionnelles, la migration pour études ou encore l’asile.

Il y a donc des raisons très différentes et tout à fait valables pour émigrer contrairement aux messages que se plaisent à véhiculer certains partis politiques populistes.

Cependant, une fois installé dans son nouveau pays, il y a encore beaucoup de difficultés. Pour un jeune qui naît en Belgique de parents étrangers ou d’origine étrangère, la question de l’identité n’est pas toujours simple . Comment s’étonner, dès lors, des difficultés à choisir une équipe nationale ou l’autre pour un jeune joueur professionnel comme Bakkali ? Un jeune belgo-marocain, qui après avoir tergiversé pendant plusieurs semaines, a finalement opté pour l’équipe des Diables Rouges. Citons encore le cas de Januzaj, un talent pur formé à Anderlecht parti depuis faire les beaux jours de Manchester United et qui n’a pas encore fait son choix. Ce sont deux footballeurs très talentueux, fortement sollicités, dont les hésitations ont choqué et parfois même suscité la polémique. Plusieurs ont pensé revivre l’épisode de Medhi Carcela choisissant le Maroc plutôt que la Belgique.

Faire gagner les Diables Rouges serait une manière éclatante de montrer la valeur ajoutée que peut apporter l’immigration à notre pays mais ce n’est pas la seule. Tous les jeunes immigrés ou issus de l’immigration, bien trop souvent stigmatisés, ont un rôle à jouer dans la société de demain au même titre que d’autres jeunes auxquels on ouvre parfois plus vite les portes. L’engagement dans la société à travers les initiatives portées par le secteur associatif leur est tout à fait ouvert. Les cultures différentes sont perçues, au CJD et au CJC, comme autant de richesses. Même si un jeune n’a pas le sens du but ou qu’il n’est pas un grand sportif, son regard sur la société et sa volonté de la construire pour la rendre meilleure nous intéressent.

Tout ce qu’on peut souhaiter à ces jeunes footballeurs, c’est qu’ils puissent faire le choix du cœur et qu’ils soient satisfaits de leur décision. Mais quelle qu’elle soit, souhaitons-leur la bienvenue chez nous,… bienvenue chez eux !

Xavier Manche
Conseil Jeunesse Développement
xavier.manche@cjdasbl.be