Il vous manque le plugin flash pour visionner l'animation.

Dernière mise à jour : vendredi 10 février 2012 Accueil Selon nous Décryptons l’actu La société
Selon nous
Fin du monde, chapitre suivant ?
e-mail Facebook Twitter Digg imprimer

12/09/2008

12/09/2008

Cette semaine le LHC, le plus grand accélérateur de particules du monde, a démarré près de Genève. Il s’agit d’un des projets scientifiques les plus chers et les plus complexes jamais initié par l’Humanité. Certains ont prétendu qu’il était parmi les plus dangereux aussi. A tort ou à raison ?…

Bon, avant toute chose, accélérateur de quoi ? De particules subatomiques, et plus précisément de hadrons. Késako ? Une famille de particules dont les plus connues sont le neutron et le proton. Ces deux-ci sont les constituants des noyaux des atomes, et on les connaît depuis trois quarts de siècle. Voir (ou attendre…) le cours de chimie de sixième secondaire.

Justement, dans les prochains mois, le LHC va accélérer des faisceaux de protons à des vitesses gigantesques, toutes proches de la vitesse de la lumière. Ensuite, les scientifiques lanceront deux faisceaux en sens contraire, ce qui provoquera des collisions tellement violentes entre ces protons qu’ils se volatiliseront en particules encore plus petites.

Pourquoi ? Parce qu’à l’époque où on a découvert protons et neutrons (et électrons), on pensait qu’il s’agissait là des plus petites parties discernables de la matière. Les briques dont seraient fait les atomes si ceux-ci étaient des maisons. Mais depuis lors, les physiciens ont été plus loin dans l’infiniment petit. Ils ont établi une théorie sur les contituants des hadrons. Les « sous-briques », en quelque sorte... Bon nombre de ces constituants ont déjà été observés. La puissance inédite du LHC devraient permettre de compléter ce tableau – ou de le modifier. Car le jeu de la science, ce n’est que ça : prévoir, expérimenter, puis confirmer ou corriger les prévisions, et expérimenter encore...

Un jeu qui est devenu très cher. Le LHC est une machine immense et très sophistiquée. Et surtout extêmement puissante. D’où les craintes de certains de voir des phénomènes dévastateurs se produire. On a même parlé de la possible d’apparition de trous noirs qui pourraient engloutir la planète ! En effet, la probabilité n’est pas nulle qu’un microtrou noir apparaissent. Mais elle est vraiment infime. Et puis les trous noirs, surtout si petits, ça s’évapore. C’est la même théorie (raffinée par un certain Stephen Hawking) qui explique leur formation et leur fonctionnement qui le dit.

L’inconnu fait peur. C’est normal après tout. Et puis ce n’est pas la première fois, loin de là, qu’une expérience ou une (possible) découverte scientifique provoque une telle inquiétude. Le paratonnerre, la machine à vapeur, le moteur à essence ou… le gsm ont tous ont été pointés du doigt comme allant mener à l’incontrôlable catastrophe. Mais nous sommes toujours là.

Donc, faut-il s’inquiéter du LHC ? Non, en tout cas pas plus qu’on doit s’inquiéter des voitures en traversant la rue. Ce sont de quelques conducteurs qu’il faut alors se méfier... Certains des travaux d’Albert Einstein ont mené à la bombe atomique. Mais lui-même n’avait rien d’un monstre, et il fut tourmenté par cette récupération de ses découvertes jusqu’à la fin de sa vie.

Méfions nous donc plutôt des tyrans et des militaires que des scientifiques.


Benoît Lambo
blambo@cjc.be


Photo du haut :

CMS, un des détecteurs de particules

du LHC (Wikipedia - domaine public)

Photo du bas :

Simulation du boson de Higgs, une des expériences qui seront

tentées au LHC (Wikipedia - sous licence GNU Free documentation v1.2)

fil rss© Copyright 2010 - Conseil de la Jeunesse Catholique | développement web : Média-Animation | contact webmaster : info@cjc.be