Facebook : un outil de socialisation ou d’intrusion ?

Facebook fête ses 6 ans le 4 février prochain.
A l’origine, il s’agissait d’un réseau social fermé pour les étudiants de l’université d’Harvard, et d’autres universités américaines. La vérification de la provenance de l’utilisateur se faisait par une vérification de l’adresse électronique de l’étudiant.
Le site va ensuite s’ouvrir à tous en septembre 2006 et se destiner à rassembler des personnes proches ou même inconnues. Son succès est tel qu’il réunit aujourd’hui des millions d’utilisateurs à travers la planète.

Récolte et vente d’informations personnelles à des entreprises privées

Depuis sa création, Facebook fait l’objet d’une controverse concernant le respect de la vie privée des utilisateurs.
Le logiciel utilise les informations personnelles des utilisateurs pour introduire des publicités adaptées à leur profil. De plus il vend les informations livrées par les utilisateurs à des entreprises privées. Ce qui est désagréable même si c’est indiqué dans sa charte concernant la vie privée.
Cette charte indique aussi que Facebook peut aller récolter des informations sur les membres à partir de sources extérieures comme les journaux, les blogs et d’autres sources sur Internet.

Le contrat passé avec les utilisateurs de Facebook indique bien que toutes les données entrées sur le site (messages, éléments de profils, photos etc.) sont en permanence collectées et deviennent la propriété de Facebook qui a le droit de les utiliser pour ses publicités, ses bases de données et les revendre à d’autres.

En 2009, Facebook a tenté de modifier ses conditions d’utilisations et a inventé le principe d’une « licence perpétuelle », c’est à dire qui donne à Facebook le droit d’utiliser à vie tous les contenus déposés (articles, photos, vidéos...) par un utilisateur, y compris les contenus supprimés. Devant le tollé provoqué, l’entreprise est revenue en arrière deux semaines plus tard.

Conséquences et dérives de la divulgation de la vie privée

Les informations sur la vie privée, publiées sur Facebook, peuvent être lues et utilisées par des personnes à qui elles n’étaient pas destinées initialement. Certaines entreprises utiliseraient Facebook pour collecter des informations sur leurs employés tandis que des recruteurs s’en serviraient pour leur sélection de candidats.

Un site qui pose question

Tout en ayant conscience de l’utilisation commerciale qui est faite de leurs données personnelles, les internautes de la génération Facebook ne semblent pas craindre cette intrusion. La nature des relations, dites de "voisinage digital", et la perception que l’on a de ces amis virtuels (ces multiples contacts) qu’on noue sur les sites de réseaux sociaux mériteraient d’être questionnées. Ou encore, on peut se demander quelles seront les implications de la socialisation virtuelle pour les jeunes qui ont baigné dedans depuis toujours ?

Célia Deshayes
cdeshayes@cjc.be