Europe & Afrique : Entre idéaux et enjeux commerciaux....

Depuis déjà plusieurs mois, les populations africaines, principalement celles du nord, semblent être, éprises et même en quête d’idéaux démocratiques. Les images de ces centaines, que dis-je de ces milliers de jeunes mais aussi de ces moins jeunes, exprimant leur colère et leur désarroi, sont encore très présentes dans mon esprit et je me souviens m’être réjoui de ce soulèvement.

Pour rappel, ce soulèvement, qui rassemble tout un continent derrière cette envie de liberté, démarre en Tunisie le 17 décembre 2010. Leur exigence principale : le départ de Zine el-Abidine Ben Ali, dictateur en place depuis presque 25 ans. C’est suite à l’immolation d’un jeune commerçant de fruits et légumes, dont les marchandises ont été confisquées par les autorités, que la population tunisienne semble trouver la « force « de manifester contre les répressions du pouvoir en place. Cette révolution est baptisée : la révolution de la dignité. Elle finit par conduire Ben Ali vers la sortie le 14 janvier 2011.

Pris par le même désir de dignité, d’autres pays tentent d’emboiter le pas aux Tunisiens. La région semble en marche vers la démocratisation. L’Égypte et la Libye se révoltent à leur tour, désireuses, elles aussi, de davantage de droits, de libertés et surtout de dignité. Le mouvement de protestations touche aussi dans une moindre mesure de nombreux autres pays de ces régions telles que le Yémen, la Jordanie, le Bahreïn ou l’Algérie. La révolution égyptienne, même dans la douleur, aboutie par le départ d’Hosni Moubarak le 11 février 2011.

Nous savons aujourd’hui que le sort de la Libye, soumis au régime dictatorial de Mouammar Kadhafi, depuis près de 50 ans, s’avère être moins reluisant. Malgré la détresse de cette population bombardée, pour avoir manifesté pour des valeurs dont nous sommes porteurs, comme la liberté, nous n’avons pas bougé le petit doigt. Essayons de comprendre pourquoi...

Maintenir Kadhafi, c’est s’assurer des ressources énergétiques bon marché

Et oui, et je pense que c’est un secret pour personne, l’Europe s’est embourbée dans de juteux contrats énergétiques avec le « président » de la Lybie. Si l’on fait la somme des contrats italiens et français autour de la question de l’armement et du pétrole, on est à plus de 5 milliards de contrats. Sans compter ceux du reste de l’Europe et de ceux de nos alliés, les Américains.

Maintenir Kadhafi, c’est se prémunir de l’immigration illégale

Ayant une peur monstre de l’immigration massive, l’Europe, et surtout l’Italie s’accordent avec le dictateur afin d’œuvrer contre l’immigration massive. Nous décidons donc de collaborer avec un des personnages à l’origine de la misère du peuple africain et donc indirectement lié à la nécessité d’immigration de ces peuples. Quelle ironie…


Kadhafi étant à la fois une source énergétique bon marché et en plus un rempart à la l’immigration illégale, préoccupation de nos petits dirigeant, la communauté Européenne se voit, ou croit se voir, contraint de tourner la tête et de laisser cette population à la merci de ce dictateur. Le laissant bombarder à tout va cette population, me semble t-il en quête de liberté et de dignité.

A raison de nos acquis tant financiers que sécuritaires, nos dirigeants, et nous semblons ne pas les contredire, préfèrent laisser toute cette population livrée à la cruauté de Kadhafi.

Une lueur d’espoir

Ce jeudi 17 mars, le conseil de sécurité des Nation Unies semble se réveiller. Des résolutions semblent avoir été prises. Celles-ci donneraient à l’Otan la charge de protéger les civils libyens en intervenant, militairement, si nécessaire.

D’après la Libre, ce sursaut est du à la pression exercée par les américains, qui eux mêmes ont subit le rappel à l’ordre de certains pays Arabe dont les Emirats Arabes Unis. Ceux-ci ont clairement invité le conseil à prendre ces responsabilités.

La suite des évènements est à suivre dans les prochains jours…

Mireille Tsimangas
mireille.tsimangas@icc-formation.be