
En remplissant le formulaire de réservation de rendez-vous pour le contrôle technique de ma voiture, je me suis vue demander si j’étais un homme ou une femme… Ah bon ? Je ne savais pas que ça avait une influence sur la manière dont ma voiture allait passer le contrôle !
A l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars, je vous propose de prendre un peu de recul sur la manière dont nous vivons au quotidien la question des genres.
C’est le thème qui a été choisi cette année par la Journée de la Femme. Le 8 mars 1910, en effet, des femmes se sont rassemblées pour le droit de vote des femmes. Ces revendications politiques à l’origine du mouvement se sont ensuite élargies à tous les droits de la femme. En 2010, l’appel à la Marche Mondiale des Femmes (MMF) défend des objectifs plus larges : celui de surmonter l’ordre actuel injuste qui entraîne la violence et la pauvreté et construire un monde basé sur la paix, la justice, l’égalité, la liberté et la solidarité. On est loin des stéréotypes féministes ! Leurs revendications sont malheureusement bien d’actualité : il suffit de parcourir la presse pour s’en convaincre.
On a tendance à penser que c’est ailleurs que les choses doivent encore changer (dans les pays sous-développés, en guerre ou dans d’autres cultures)… Et chez nous ? Les femmes votent, travaillent, ont des charges ministérielles, ont droit à des congés pour élever leurs enfants, etc. On pourrait croire que le combat est terminé, pourtant, à y regarder de plus près …
Nous sommes imprégnés, encore aujourd’hui, d’une culture sexiste, socialement acceptée, et cela a des conséquences dans nos pratiques : Dès sa naissance, la fille est associée à la féminité. Normal… si on s’entend sur les termes ! Etre féminine aujourd’hui, est-ce avoir un bassin large qui permet la reproduction ? Pas sûr !
La femme doit plaire, être délicate, douée pour le ménage et la cuisine, aimer s’occuper des enfants, ne pas aimer le foot, ni les voitures, etc… ! La semaine dernière encore, j’entends deux dames discuter : « mon petit-fils aimait le rose au début. Tu imagines l’horreur pour sa maman ! Alors, on lui a expliqué, et maintenant, heureusement, il a compris… ». Qu’a-t-il compris exactement ? Qu’il n’était pas libre d’aimer la couleur de son choix ? C’est interpellant ! Plus largement on peut se demander le sort qu’on réserve à ceux qui n’entrent pas dans ces catégories. On les formate, on les exclut ?
Dans le cadre de nos pratiques, renforçons-nous la division des sexes ou laissons-nous la place à ceux qui vivent les choses différemment ?
« Ce serait bien chez les petits d’avoir une animatrice pour assurer le coté maternant pendant le camp », « Les garçons ça ne pleure pas ! », … Nous renforçons les stéréotypes sans nous en rendre compte…
Des études ont montré que si, depuis votre naissance, on vous dit que vous êtes faible en maths, vous avez de fortes chances de le devenir : simple question de confiance en soi…
Dès lors, il est intéressant de prendre un moment pour se questionner sur nos comportements et actions, qui renforcent, malgré nous, un modèle dominant. Dans nos animations, encourageons-nous ces stéréotypes ? Laissons-nous de la place à d’autres types de comportements, ou préférences ? Permettons-nous à chacun de se développer en confiance, même s’il ne rentre pas dans le moule ? La balle est dans votre camp !
Nathalie Flament
Permanente pédagogique ICC
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