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Selon nous
Détecter le jeune dès l’enfance
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17/03/2006

17/03/2006

En France, l’inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, prône, dans une étude récente, la détection précoce de certains troubles du comportement. Nicolas SARKOZY, Ministre de l’Intérieur applaudit des deux mains. L’enjeu en effet est de prévenir la délinquance. La solution préconisée : la prise de médicaments. La cible : les jeunes. La finalité : une société sous contôle.

Mieux vaut prévenir

Les jeunes seraient devenus naturellement des bêtes sauvages indomptables dont seuls les médicaments peuvent empêcher leurs pulsions pour la délinquance de s’exprimer. Avec un peu de chance, dans quelques années, c’est dès la vie intra utérine que l’on pourra agir en matière de prévention ! Heureusement car il semble qu’il y a une explosion du caractère anti social chez les moins de six ans. La société des adultes fait bien de réagir avec force afin de se prémunir du complot ourdi dans les classes de maternelle. Ridicule !

Merci les médicaments !

A n’en pas douter, et certainement grâce au soutien des firmes pharmaceutiques dans les campagnes de dépistages - comme cela s’est passé aux Etats Unis pour certains troubles, le taux de jeunes qui demain seraient en traitement dépassera le nombre actuel de jeunes délinquants et même le nombre de jeunes qui deviendraient délinquants sans traitement. Nous nous dirigeons vers une escalade dans la médicalisation de comportements, qu’aucune étude criminologique n’a considéré comme un facteur explicatif unique de la délinquance. Si tous les délinquants, ce qui reste à prouver, on eut un comportement déterminé dans leur enfance, cela ne veut pas dire que tout jeune ayant ce comportement devient délinquant.
A l’extrême, la tolérance aux comportements dérangeants sera de plus en plus faible et de plus en plus de comportements seront dérangeants. De plus en plus de jeunes seront médicalisés, rendus amorphes et dépendants de leur camisole chimique. Et la société aura fait un grand pas en avant.

Haaaaa !!! Un jeune !!!

L’image du jeune aujourd’hui, telle que renvoyée par les médias et certaines études, fait peur. Le jeune d’aujourd’hui est hyper actif pathologique, bruyant, délinquant ou futur délinquant, antisocial, consumériste, grossier vis-à-vis de ses professeurs quand il n’est pas tout simplement violent avec eux.
Mais le jeune n’est pas le fruit d’une mutation génétique qui le rendrait plus délinquant que l’étaient ses parents ou ses grands-parents au même âge. A ce titre et suivant cette définition de ce qu’est un jeune aujourd’hui : on ne naît pas jeune, on le devient.
A y regarder de plus près, c’est l’image que la société donne d’elle dans la façon dont elle se préoccupe des jeunes qui fait peur.

Nous nous orientons vers une société qui va médicaliser les adultes de demain afin de mettre sous étouffoir les critiques indirectes qu’ils nous renvoient. C’est pourtant à la société qu’il faudrait donner une bonne dose de médicament, ou plutôt de vitamine afin qu’elle se redéfinisse un projet pour elle-même.

- Ce projet doit inclure l’ensemble de ses composantes : jeunes, vieux, étrangers, handicapés, hommes, femmes, gros et maigres et j’en oublie.
- Ce projet, enfin, doit toucher l’ensemble des institutions, au sens large : écoles, familles, entreprises, associatif et d’autres encore.

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