Des racines et des ailes

Ce week-end, Bruxelles accueille une journée sans voiture, l’occasion pour tous de découvrir la ville autrement. De plus, une semaine après celles des autres régions, ce sont les journées du Patrimoine. Une histoire de « vieilles pierres » qui n’intéressent pas les jeunes ? Pas si sûr…

Près de 450 activités complétées souvent d’animations, notamment à destination des jeunes, font partie du programme de ces journées de découverte. Une multitude d’animations sont ainsi organisées par diverses associations œuvrant pour la préservation et la mise en valeur du patrimoine. Elles complètent la visite de ces lieux. Cette année, en Région Wallonne, la thématique était la littérature, alors que la Région Bruxelloise souhaite mettre en valeur les restaurations du XIXe siècle à nos jours.

Mais pourquoi mettre en valeur les traces de notre passé ? Pourquoi investir dans la préservation du passé, alors que la jeunesse est tournée vers demain ? Pourquoi continuer à préserver une orthographe ou un vocabulaire que les moyens de communication actuels ne soutiennent plus ?

Une histoire d’identité collective

D’aucuns y verraient une manifestation supplémentaire d’un nationalisme exacerbé : vouloir préserver au maximum sa culture, sa langue, son histoire ! Mais il est une fierté bien placée qui reste noble et respectueuse des autres cultures. Chacun peut être fier de ses racines, de son passé, de son patrimoine. C’est d’ailleurs un besoin pour la construction identitaire que de pouvoir se référer à un passé commun, au niveau de la famille, de son village, de son pays… tout en restant conscient que ce patrimoine est en en interaction et en évolution permanentes. Rien de mal à ça, tant qu’on en reste conscient. La culture et notre histoire sont partout, jusqu’au sommet de nos églises.

Changer la girouette de l’église en forme de coq pour y placer un lion, symbole plus flamand, est une idée saugrenue certes, mais soutenue par l’un ou l’autre bien-pensant du nord du pays. Pourquoi alors, ne pas modifier le paysage wallon, en remplaçant le lion de Waterloo par un coq ? Ce serait être complètement ignorant de la signification du coq sur l’église (symbole moyenâgeux du soleil qui se lève et se couche) et du lion qui historiquement représente la victoire et le retour de la paix en Europe .

Le patrimoine : sans valeur ?

Dans une société de consommation telle que la nôtre, où le zapping et l’éphémère sont rois, la restauration de l’ancien est à contre-courant du « on abat et on reconstruit ». La préservation du patrimoine, en classant certains bâtiments, œuvres ou traditions, attribue à ces « produits » une valeur non-marchande et s’assure qu’on en perpétuera le souvenir.

Et nous, CRAC’S, tout en nous enrichissant du présent, et restant critique par rapport à notre passé, sommes-nous capables de préserver au quotidien ce patrimoine qui fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui ? Bonne visite…

Vincent Buron et Nathalie Flamant
Permanents pédagogique et
coordinateurs de formations

Résonance Asbl

vincent.buron@resonanceasbl.be

nathalie.flament@resonanceasbl.be