Des innovations technologiques et des besoins

Pas une semaine ne passe sans que l’arrivée d’une nouvelle appli ou d’un nouveau logiciel ne soit censé « bouleverser » notre vie, « changer nos comportements » et enfin « résoudre nos problèmes ». C’est vrai, on faisait comment avant Marmiton pour cuisiner ? Viber [1] pour communiquer ? Sans l’appli SNCB pour prendre son train ou celle de Walibi pour éviter les files d’attente trop longues…

Facebook rachète What’s App [2] pour une somme faramineuse, les Google Glass ou, plus modestement, l’Oculus Rift [3] envahissent petit à petit les différentes facettes de notre société (médecine, jeux vidéos, etc.), des applications toujours plus poussées nous sont proposées sans discontinuer (voyez par exemple Runpee) [4] . Tous les jours, de nouvelles propositions technologiques sont mises sur le tapis. Objets, applications, programmes, périphériques, mises à jour, les moindres de nos désirs sont anticipés et une équipe d’ingénieurs (ou un geek isolé) trouve une solution à un problème.

Sauf que…. A bien y réfléchir, on est en droit de se demander si ce sont effectivement nos besoins et nos désirs qui sont pris en compte ou si l’on en crée, de toute pièce, afin de satisfaire la gourmandise grandissante d’un marché florissant.

De plus en plus de sphères de notre vie sont conquises par les nouvelles technologies. Depuis la plante qui s’arrose toute seule jusqu’au t-shirt qui compte les battements de votre cœur en passant par les applis qui nous permettent de rester en contact même à l’autre bout du monde, l’imagination des développeurs n’a pas de limite.

Alors, est-ce vraiment uniquement commercial ? Et si ça l’est, est-ce négatif, ne peut-on pas malgré tout en tirer quelque chose ? La réponse n’est évidemment pas aussi simple, ce serait trop beau ! L’enjeu ici est de garder un esprit critique part rapport à toutes ces évolutions, cette avalanche d’outils mis à notre disposition, de se rendre compte de la réalité et de garder cette complexité dans un coin de nos têtes.

Toujours plus, toujours mieux, toujours plus vite. Cela ressemble fort aux paroles d’un certain de Coubertin, mais c’est aussi la devise des grandes entreprises qui inventent, proposent, rachètent et créent à tour de bras. Mais ne créent-ils pas aussi le besoin qui va avec la solution ?

De grandes légendes urbaines laissent penser que ce sont les fabricants d’anti-virus qui créent les virus, les entreprises pharmaceutiques qui favorisent les épidémies, les serruriers qui cambriolent, ou encore les garagistes qui mettent des clous sur les routes. Théories du complot, fausses rumeurs, info ou intox : le débat est ouvert. Même si dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, les concernés ne s’en cachent même pas [5]. Certains assument ce rôle d’innovateur de tendances, de créateur de besoins, de moteur de changement [6].

Des outils sont mis à notre disposition, mais il ne tient qu’à nous d’en faire ce que bon nous semble ! Les apprivoiser, les décrier, les utiliser ou pas, et surtout, de la manière que l’on veut. On peut détourner une technologie, multiplier les usages, réutiliser un objet afin de le rendre REELLEMENT utile, adapté à nos besoins et nos envies.

Manuela Guisset
Chargée de projets multimédias chez Action Ciné Médias Jeunes
Manuela.guisset@acmj.be