Dénoncez les "gros" !

Comment lutter efficacement contre l’obésité ? Une nouvelle mesure permettrait aux médecins généralistes britanniques de recevoir une prime pour chaque patient auquel il conseille de maigrir ou de faire une cure d’amaigrissement. Soigner des malades en donnant des bonus aux médecins ? Que révèle cette démarche ?

En Angleterre, les médecins généralistes pourraient recevoir une prime s’ils détectent les personnes obèses et les envoient en cure d’amaigrissement. Dès lors, les médecins de famille pourraient augmenter leurs revenus s’ils donnent des conseils en matière de gestion du poids à leurs patients obèses, ou s’ils leur offrent une place dans un "club de régime" (style Weightwatchers). Dans ce cas, le NHS (le "National Health Service", service de santé national anglais) prendrait en charge les frais. Cette maladie pose un réel problème en Angleterre car deux adultes sur trois sont considérés en surpoids ou obèses, et les coûts médicaux liés à cette maladie s’élèveraient à plus de 6 millions de livres sterling pour le NHS, soit quasiment 7 millions d’euros. Quels seraient les avantages et les inconvénients liés à l’obtention de cette prime ?

Avant de répondre à cette question, rappelons que l’obésité est une maladie car elle altère la santé. Les atteintes peuvent être nombreuses et sont d’ordre physique, psychologique ou social. Elle doit donc être traitée comme telle. Un suivi médical régulier permet de traiter ou de prévenir les complications de l’obésité. Si tu souhaites en savoir plus et connaître la différence entre "surcharge pondérale" et "obésité" visite le site suivant.

Quels pourraient être les avantages de cette prime au médecin ?

Cette prime favoriserait l’accès à l’information et au "club de régime" à des personnes socialement plus défavorisées, et de plus de façon gratuite. De ce fait, elle pourrait faire diminuer les risques de développement de maladies cardio-vasculaires et de diabète de type 2. Enfin, les médecins seraient peut-être plus attentifs au poids de leurs patients et pourrait plus facilement leur proposer des solutions à leurs excès de masse grasse pouvant entrainer des inconvénients pour la santé.

Mais est-ce la meilleure solution ? Et pour qui ?

Pour les médecins ? Ils vont recevoir un triple bonus ! Dans un premier temps, le prix de la consultation payée par le patient. Ensuite, ils sont également bien gâtés par les entreprises pharmaceutiques lors de la prescription de certaines marques de médicaments plutôt que d’autres. Et enfin l’État s’en mêlerait en leur attribuant une prime ! Certes, les médecins sont des intermédiaires, mais cette aide financière ne devrait elle pas plutôt profiter aux personnes en difficulté ?

La solution résiderait peut-être dans l’octroi de cette prime directement à la personne malade afin de lui permettre d’acheter des produits de base de meilleure qualité tels que des fruits, des légumes, ou encore des cures d’amaigrissement gratuites… Ce n’est pas encore la meilleure solution, selon moi, car l’incitant est indirect. En effet, leur motivation ne sera pas dirigée vers la décision de perdre du poids pour être en meilleure santé mais bien vers la décision de perdre du poids pour avoir une prime. Et puis, quelles seraient les modalités de l’acquisition de cette prime et jusqu’à quand pourraient-ils en bénéficier ? Comment évaluer ?

Autre solution : C’est l’État qui serait le bénéficiaire indirect de la prime en taxant de manière importante les produits manufacturés trop riches en graisse ou en sucres pour diminuer leur attractivité et favoriser les produits de base. De nouveau, c’est également un incitant indirect. De plus, il faudrait être sûr que l’argent des taxes sur ces produits soit bien injecté dans des initiatives du domaine de la santé publique…

L’État y voit sans doute la possibilité de créer de l’emploi. En effet, la mise en place de cette prime va permettre la création de davantage de clubs d’amaigrissement. La création de ces centres ad hoc risquerait de se retrouver dans une difficulté financière si le projet échoue ou si les subsides de l’État disparaissent un jour.

Et la prévention dans tout ça…

En 10 ans, le nombre de citoyens atteints par cette maladie dans l’UE a augmenté de 10 à 40 % ! Cela témoigne du manque de mesure préventive dans les pays membres. En Belgique, 12 % de la population souffrent d’obésité et 32 % est en surcharge pondérale. Il est grand temps d’agir et de cesser de "seulement" traiter le problème. La mise en place de campagne de prévention permet à notre pays de sortir gagnant à tous les niveaux : santé publique, économique et bien-être des citoyens. Faisons les bons choix en matière de nourriture, préserverons notre santé.

Caroline Ena
ICC
Animatrice pédagogique
caroline.ena@icc-formation.be