
Cette semaine, une chaîne de télévision australienne a diffusé des images des brutalités exercées dans les prisons américaines en Irak. Relayées par la presse, ces images créent le choc et l’indignation.
Comment peut-on en arriver là ?
Nous pourrions en débattre des heures. Mais. Juste quelques pointes d’analyse critique :
La machine culturelle tourne autour de nous. Elle nous inculque une manière de parler, de penser, de vivre, une hiérarchie de valeurs, etc. au sein de chaque groupe, il y a des règles implicites, des rôles à tenir, des comportements à avoir.
Lorsqu’on devient soldat américain, la machine est unique et vise à nous mouler. Des jeunes, recrutés à la grosse louche partent en guerre pour détruire l’ennemi, sauver leur pays de la grande menace : le terrorisme.
Les soldats sont désindividualisés au maximum et l’ennemi est déshumanisé. De cette façon, les soldats n’ont plus à se positionner eux-mêmes comme individus maîtres de leurs actes. La question n’est plus « en tant qu’homme, que suis-je en train de faire à un autre homme ? » mais « que fait un bon soldat pour défendre son pays contre des monstres ? ».
Beaucoup d’éléments contribuent à ce processus : le port de l’uniforme, la hiérarchie stricte, l’entraînement physique intense, l’endoctrinement moral, l’obéissance, la pensée unique, le patriotisme prôné depuis toujours, la définition d’une cible commune et « menaçante », etc.
Le film "Jarhead", au cinéma pour l’instant, nous en montre un exemple frappant.
Nous vivons ici dans une culture du débat. C’est le désaccord qui nous construit. C’est l’accord aussi. C’est dans l’argumentation et la contre argumentation que nous trouvons ce qui nous convainc, ce qui nous fournit un avis construit.
Ne disons pas qu’ici, personne n’adopterait de tels comportements. Nous connaissons les dégats qu’ont déjà commis des foules de supporters ou d’autres bandes. Gardons à l’esprit les procédés qui conduisent à de tels actes et l’importance de l’attitude critique en toute situation.
Rejetons l’uniformisation. Nous n’avons pas besoin d’être tous identiques pour appartenir à un groupe, ni pour que ce groupe avance et mène une action collective. Etre membre de groupes nous apporte énormément. Cela nécéssite aussi quelques renoncements, une négociation de soi. Mais cela ne doit jamais engendrer une annulation de soi en tant qu’individu propre.
Emilie Many
emany@cjc.be
© Copyright 2010 - Conseil de la Jeunesse Catholique | développement web : Média-Animation | contact webmaster : info@cjc.be