Congrès de l’Enseignement Catholique 2012 : Pour l’Ecole, un projet, des acteurs

Dix ans après le dernier, se vivait le Congrès de l’Enseignement Catholique à LLN ces 19,20 et 21 octobre. Au regard de l’exposé d’Etienne Michel, SG du SEGEC et du vécu des échanges des 2 journées et demi avec les intervenants et les débats vécus, il apparait qu’une question assez simple sous-tendait le congrès 2012 : quel est le sens d’organiser une école catholique dans la société contemporaine ?

Une enquête réalisée par la ligue des familles montre que le choix du réseau d’enseignement est important pour plus de 50% des parents. L’enquête ajoute que le choix du réseau se justifie par la qualité perçue de l’enseignement, par la réputation d’une école et par la spécificité de son projet.

Pour l’École

L’école vit un paradoxe nouveau entre un discours ambiant pessimiste et une confiance accrue dans son institution. Pour comprendre ce paradoxe, n’est-il pas temps de s’interroger sur cette transformation profonde des conditions de l’éducation dans la société contemporaine ?

Le projet

Une étude réalisée par Olivier Servais, professeur à l’UCL montre l’importance accordée par tous les acteurs à la place des convictions et des valeurs dans l’école.
On comprend alors mieux l’attachement particulier des parents à l’existence d’une pluralité de projets éducatifs tant pour des raisons pédagogiques que pour des raisons culturelles : que souhaite-t-on transmettre à nos enfants, au-delà d’aptitudes et de savoirs au sens strict ?

Des scénarios possibles sont venus s’interposer dans le débat du congrès quant à l’évolution future de notre enseignement catholique. La recontextualisation aura la préférence. Elle consiste à mobiliser la référence à la tradition chrétienne de l’éducation pour contribuer à la formation de l’identité des élèves dans un contexte de pluralité des convictions. La référence au christianisme est assumée comme référence éducative, sans prosélytisme.

Des acteurs

Des communautés scolaires localement vivantes resteront le meilleur garant du devenir d’une culture scolaire. En cela, il faudra soutenir, entre autres, l’engagement des bénévoles des Pouvoirs Organisateurs.

Des questions

L’avenir se lit par de nouveaux défis, de nouvelles questions comme l’importance d’une alliance entre les écoles et les familles (exemple : responsabiliser et respecter l’obligation scolaire), de la réalité d’une société multiculturelle (exemple : l’ouverture au cours de religion islamique), de l’approche obligatoire que sont les nouveaux chemins de l’équité (exemple : comment traiter les différences dans une société où celles-ci sont croissantes ?), enfin de la réflexion sur une gouvernance publique (exemple : comment valoriser et développer le professionnalisme des acteurs où se conjugue la reconnaissance d’une autonomie réelle et l’exercice de la responsabilité ? Comment gérer le défi de la croissance démographique en FWB) ? L’Enseignement Catholique n’a pas le droit de faire vivre l’école catholique, elle en a le devoir.

Au-delà du Congrès

Comment nos OJ peuvent s’inspirer ou utiliser certaines ressources similaires dans la réflexion de leur identité ?
Il est important de poser des questions. Notre obédience catholique et notre envie de s’accrocher à notre C nous invite régulièrement à réinterpréter notre tradition d’engagement, d’éducation permanente à faire vivre nos projets par les jeunes, pour les jeunes. Le sociologue Michel Molitor parlait au Congrès 2002 : « Il faut retrouver le principe de la jouissance différée. » Là où le consumérisme célèbre la jouissance immédiate de l’avoir, là où il efface le rapport au temps et à l’espace, là où il aplatit toute hiérarchie des savoirs, il est temps que l’école et le milieu associatif continuent de former des personnalités capables de vivre, de sentir, de juger, d’agir avec les autres. Mais aussi prendre le temps d’apprendre, de comprendre à contrario du zapping et de l’excitation permanente, il nous semble utile de conforter nos priorités de choix, d’actions et de savoirs. Il est vrai que l’affirmation positive d’une référence comme la nôtre ne doit pas supposer la négation de la référence à l’autre. C’est en cela que le message d’ouverture et de réflexions du congrès doit continuer de nous animer. Rendez-vous dans 10 ans ?

Jean-Philippe Schmidt
Détaché pédagogique au CJC