Comptez sur moi… ou pas !

Chacun, dans sa vie, est sollicité de toutes parts pour participer à des projets, des associations, des clubs, des activités, etc. On choisit de s’engager dans certains de ces projets, voire tous… mais quelles sont les raisons qui nous poussent à accepter de prendre part à des projets, et d’en refuser d’autres ? Est-ce que ce sont de bonnes raisons ? Comment gérer nos engagements quand notre vie change ?

Ces sollicitations sont particulièrement fréquentes dans le milieu associatif. Clubs de sport, animations, centres culturels, troupes amateurs, groupes politiques locaux, groupe de protection de l’environnement, les occasions ne manquent pas de s’investir dans des projets à l’heure actuelle.

Mais quelles seraient, par exemple, de bonnes raisons de nous investir ?

  • Pour soi-même (et pas pour faire plaisir, pour les autres) : parce que le projet correspond à nos valeurs « Je participe au nettoyage des chemins de promenades de mon village, parce que je trouve qu’un environnement propre est plus agréable ». Parce que cela nous apporte quelque chose, une plus-value « gérer la buvette du club de basket m’apprend à gérer une caisse et des stocks ». Par contre, quand on dit « personne d’’autre ne veut le faire », est-on vraiment motivé ou se sent-on un peu obligé ?
  • Avec cœur (et pas à contrecœur) : « donner du temps et de l’énergie pour accompagner ce groupe de personnes présentant un handicap en voyage est important pour moi » et pas « je le fais pour faire plaisir à un pote, mais ça ne m’interpelle pas plus que ça d’accompagner ce groupe en voyage ».
  • Parce que je crois en ce projet, j’ai la foi en ce projet (et pas par habitude, par tradition familiale, ou sous la pression) : « Je crois en ce parti pour son programme qui tente de répondre aux problèmes de la commune » et pas « Ma famille a toujours été dans tel parti politique, c’est logique pour moi de prolonger la tradition de l’engagement familial… ».
  • Parce que j’en ai envie (et pas pour dire oui) : « j’ai envie de transmettre les choses que j’ai apprises dans un mouvement de jeunesse, donc je deviens animateur’ et pas simplement « je suis animateur parce que mes copains m’ont demandé ! ».
  • Parce que l’on a le temps (et pas par habitude) : ‘pré-retraité de l’enseignement, j’ai du temps à consacrer à l’école de devoirs près de chez moi’ et pas ‘j’ai passé ma carrière dans cette école, donc je continue à y aller par le biais de l’école des devoirs’.

Avoir de bonnes raisons n’est pas tout, encore faut-il respecter notre engagement. Nous devons donc être attentifs à accepter des engagements réalisables, et ne pas en accepter trop ! Nous pourrions nous trouver en surcharge de projets et donc dans la difficulté pour les réaliser tous. Pire encore, certains aspects de notre vie privée, de notre couple, de notre famille pourraient souffrir de notre excès d’engagement.

Quelles limites nous poser pour tenir le coup ? Les limites qui nous permettent de respecter nos engagements, qui nous permettent de nous ménager pour rester disponibles pour ce que nous entreprenons, mais aussi pour notre entourage et nos proches.

En conclusion ? Soyons assertifs ! Osons accepter ou refuser de nous investir en connaissance de cause, pour de bonnes raisons. Continuons à nous engager dans des projets en définissant clairement ce que nous sommes prêts à donner. Tout le monde est gagnant de cette honnêteté, et elle permettra de diminuer certains risques de tension, de frustration. Un véritablement engagement sera plus profitable s’il est librement consenti, ça aussi c’est être CRACS !

Cédric De Longueville
Permanent pédagogique
cedric.delongueville@resonanceasbl.be