01/03/2007

Communiqué du CJEF


Mercredi 28/02/2007, deux sénateurs, Marie-Hélène Crombé-Breton et François Roelandts du Vivier proposent un moyen de lutte contre « l’oisiveté des jeunes » : un stage civique d’un mois.

Réaction du CJEF :

Stage civique, propos iniques :
Hommes politiques cyniques !

Ne craignant ni l’amalgame ni l’affirmation sotte, ils avouent l’objectif de cette démarche : « faire comprendre aux jeunes que l’Etat n’est pas une vache à lait. »(SIC) Le Conseil de la Jeunesse ne peut que souligner la nature extrêmement poujadiste de ces propos !

Nous nous demandons dans quelle mesure ce stage ne serait pas avant tout utile au sein des formations politiques tant on semble y admettre des hommes et des femmes qui aux maux de la société présentent toujours une solution simple et dépouillée de la plus élémentaire nuance.

De tels propos ne sont ni l’expression de la sagesse que l’on serait en droit d’attendre d’un adulte, ni à la mesure d’un quelconque sens des responsabilités. Tout au plus sont-ils la preuve que – dans la lignée des propositions De Decker (MR) et Flahaut (PS) – une partie de la classe politique n’hésite plus à surfer sur la vague du ressentiment et d’une haine de sinistre mémoire en stigmatisant ce qui peut l’être encore… la jeunesse.

Outre le coût de la mesure proposée qui - dans le contexte de manque de moyens des organisations de jeunesse et des maisons de jeunes en Communauté française – résonne comme un affront, nous interrogeons la capacité des structures à accueillir un mois durant 120.000 jeunes en leur proposant une formation. Enfin, affirmer que les « jeunes ne font rien en attendant d’obtenir le droit au chômage », nous semble procéder de la même logique de division et de rupture intergénérationnelle.

Par contre la promesse faite, par le Gouvernement de la Communauté française, en mai 2006 de soutenir l’initiative commune du CJEF et de la Ligue des Familles de valorisation du temps libre dans une logique de dialogue intergénérationnel semble oisivement, elle, errer dans l’oubli…

Nous tenons à souligner qu’en Belgique francophone, 100 000 jeunes sont concernés par les activités des mouvements de jeunesse, soit environ 75 000 familles. Sur l’ensemble du territoire belge se sont quelques 300.000 jeunes qui s’investissent au quotidien dans les mouvements de jeunesse.

Les Mouvements sont présents dans toutes les couches de la population, affirmant leur ouverture à tous, sans distinction. Ils sont également présents sur tout le territoire, implantés tant en zone rurale qu’urbaine : 88% des communes offrent une possibilité d’accueil dans un mouvement. Bien sûr avec les moyens que nécessiterait ce stage civique obligatoire, les mouvements pourraient accroître à 100% du territoire leur disponibilité !

Dans ce contexte, le Conseil de la Jeunesse s’émeut du fait qu’une fois de plus la jeunesse soit présentée comme un problème à gérer et en proie à l’oisiveté. Cette logique du préjugé, du ressentiment ne doit pas gagner notre classe politique et nous en appelons aux consciences des démocrates et à leur réflexion quant aux processus que de telles tournures d’esprit amorcent.