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Selon nous
Comme si la pauvreté ne suffisait pas !
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29/01/2010

29/01/2010

Haïti, un tremblement de terre, un drame. Cet événement attire subitement l’attention de la communauté internationale sur un des pays les plus pauvres du monde. C’est une publicité dont il se serait bien passé…

Face à cette urgence, face à ce drame humain, que puis-je faire en tant que CRACS ? Une des solutions est de connaître la situation et d’y rester attentif.

Une situation issue du passé

Haïti, c’est l’histoire d’un peuple d’esclaves que l’Espagne, puis la France, ont fait émigrer d’Afrique pour y travailler dans les plantations de canne à sucre et de café. En 1804 les haïtiens déclarent leur indépendance. Aucun pays n’accepte et ne soutient ce nouvel Etat. La France exige même une compensation financière qui plonge la pays dans la dette et la pauvreté. Les « systèmes politiques » successifs ne peuvent pas remettre le pays sur pied, alors que le pays voisin, qui partage la même île, est un des plus prospères des caraïbes.

La dette, la corruption, l’indifférence de la communauté internationale et l’extrême pauvreté de la population ont jeté les bases d’un drame qui n’attendait qu’une occasion pour éclater. Cette occasion a pris la forme d’un tremblement de terre qui a mis le pays sans dessus dessous, au propre, comme au figuré…

Se souvenir pour ne pas replonger

Tu te souviens du Tsunami ? Du tremblement de terre en Turquie ? Du cyclone Katrina ? Toutes ces catastrophes ont un point en commun : on en parle beaucoup pendant quelques semaines. Durant quelques mois, la communauté internationale se mobilise, elle apporte une aide logistique et morale afin de combler les besoins urgents de la population. Mais après ? Et avant ? Où est l’aide lorsque la catastrophe n’est pas encore arrivée, où est le soutien lorsque la démocratie vacille et quel type de réponse apporte-t-on lorsque la population a faim ?

Et nous alors ? Que pouvons-nous faire ?

Nous pouvons apprendre à connaître la situation et s’en souvenir. Y rester attentif et demander des comptes.

C’est une dérive, mais les Etats ne réagissent souvent qu’à l’urgence, qu’au drame humain, lorsqu’il est trop tard… Dans un an, il serait intéressant d’interpeller les Etats sur l’avancée de la reconstruction, sur l’avancée de l’annulation de la dette de ce pays, etc. Mais ils ne sont pas les seuls à pouvoir agir. Tu peux aussi, par ton mode de consommation, établir une relation durable et équitable de commerce avec Haïti. Cette consommation participera à long terme à la reconstruction et la stabilisation du pays. Par exemple, tu peux te renseigner dans les ONG comme Oxfam pour voir s’ils font du commerce équitable avec Haïti.

Finalement, pour aider à gérer l’urgence de la situation, tu peux faire jouer la solidarité financière en organisant des actions de collecte de fond à destination de la reconstruction du pays. Mais rappelle-toi que la charité n’est rien à côté des actions qui visent à faire évoluer en profondeur les mécanismes qui ont amené à plonger puis à maintenir Haïti dans la pauvreté.

Christophe Cocu et Frederic Bonameau
ccocu@cjc.be
frederic.bonameau@icc-formation.be

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