Citoyen européen, info ou intox ?

Pour marquer le XXème anniversaire de l’instauration de la citoyenneté de l’Union Européenne, la Commission européenne a désigné 2013 comme l’« Année européenne des citoyens ». Avec cet objectif : « Mieux les Européens et les Européennes connaîtront leurs droits en tant que citoyens de l’Union européenne, plus ils pourront prendre des décisions en toute connaissance de cause dans le cadre de leur vie privée, et plus la vie démocratique européenne sera riche à tous les niveaux. » Quel programme ! Mais comment cette année va-t-elle se vivre, concrètement ? Comment chacun d’entre nous se sentira concerné par cette année européenne du citoyen ? Est-ce plausible que nous le soyons tous ?

Selon l’Union Européenne, 2013 est l’occasion pour les citoyens européens de réaliser de belles choses… Les activités de l’année sont organisées au niveau local, par des citoyens, par le monde politique et par des organisations de la société civile. De plus, la Commission européenne initie toute une série d’évènements, d’outils pour que cette année soit une belle réussite. La belle affaire !

Un regard critique

À travers toutes les questions suivantes, il sera crucial et pertinent pour l’UE d’en retirer un maximum d’objectivités pour pouvoir essayer d’entendre chaque citoyen. Est-ce une première vraie écoute des citoyens ? L’année européenne est-t-elle l’année où la citoyenneté devient participative à l’échelle de l’Union Européenne ou bien l’année où l’UE entre de plein pied dans la vie quotidienne des citoyens ? Instaurer une année européenne de la citoyenneté n’est pas simple à mettre sur pied. Certains pays de l’ancien bloc de l’est ne semblent pas entendre parler de citoyenneté malgré le vote des 27 pays membres. Comment ne pas penser aussi aux États en difficulté financière comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie ? Quelle place donner à la montée croissante, dans plusieurs pays, du nationalisme des régions ? Des citoyens en situation précaire se sentiront moins concernés parce que ce sera assurément moins prioritaire comme démarche dans leur vie de tous les jours sans amoindrir leur vertu citoyenne. L’Union Européenne ne doit pas passer à côté de la contribution des plus défavorisés. Cela parait bien compromis.

Valoriser nos projets citoyens

Dans notre société et dans nos organisations de jeunesse qui évoluent et se construisent sans cesse, où nous voulons des jeunes acteurs et porteurs de leur avenir, il est important de les aider à porter leur voix. Mais être citoyen, ce n’est pas un concept. On est tous citoyens ; ce n’est pas seulement « le jeune » c’est aussi le vieillard, le clochard, le chômeur, le directeur d’usine, le manifestant, le philosophe. Nous avons besoin de mobiliser et faire mobiliser. Tout citoyen lambda de n’importe quel État, de n’importe quelle condition sociale doit pouvoir vivre sa citoyenneté. Le monde associatif doit avoir un grand rôle à jouer pour accompagner, susciter les multiples actions à revendiquer.

Les associations n’ont pas attendu cette année 2013 pour se faire entendre mais l’interpellation de l’Union doit nous pousser à nous mobiliser encore davantage. Notre premier objectif de citoyen, entre autres, sera de vérifier la pertinence et l’impact des vécus, en la matière, dans certains pays de l’Union afin de s’assurer de la réussite de l’année 2013. Cette année 2013, choisie pour promouvoir la citoyenneté européenne car précédant celle des élections européennes, va regorger d’évènements et d’actions en tous genres. Espérons que tout se passera en synergie entre les institutions européennes, les organisations représentant la société civile et les citoyens. La citoyenneté est avant tout un processus avant d’être une solution toute faite aux problèmes de notre société, éduquons nos CRACS !

Jean-Philippe Schmidt
Détaché Pédagogique
jpschmidt@cjc.be