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Chuuut ! Les profs délibèrent… Mais sur quoi ?
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22/06/2007

22/06/2007

Grande période des délibérations. Moment décisif pour les élèves du secondaire et du supérieur qui voient leur sort se jouer en quelques heures de discussion entre professeurs. Un peu à la manière d’un jury de Cour d’assise, il s’agira pour les enseignants de sanctionner à partir d’arguments de nature diverses avancés par les uns et les autres.

Ce qui est déterminant


Si les points sont là, assez logiquement, c’est la réussite avec fruit. Si c’est l’échec complet, rien à faire, on redouble. Mais entre ces deux possibilités, de nombreux cas tangents existent. Les enseignants et la direction doivent alors évaluer l’année écoulée à l’aide d’autres critères que les points afin de choisir entre la réussite simple, la réussite conditionnée ou le redoublement.
Se basant sur une recherche effectuée en 2003 ainsi que sur des expériences d’enseignants, quelques récurrentes peuvent être soulevées :
Dans les cas où la mesure chiffrée fait défaut pour décider du sort du jeune, c’est principalement sa capacité à se comporter en « bon » élève qui sera prise en compte. Celui qui échoue malgré sa bonne volonté, son assiduité, le suivi des conseils sera « pardonné ». A l’inverse, à cotations similaires, celui qui se sera comporté de façon originale, selon une méthode personnelle sera sanctionné.

Des éléments plus extérieurs aux cours eux-mêmes sont également invoqués : problèmes familiaux, sport de haut niveau, relations amicales influentes, etc. Il est d’ailleurs assez légitime d’envisager l’élève de façon globale. Ce qui est surprenant, c’est qu’aucun argument de nature citoyenne ne soit avancé. Pas de « il s’investit beaucoup en tant que délégué de classe » ou « il est bénévole dans un mouvement de Jeunesse ». Cette dimension de l’engagement dans la collectivité n’entre pas en compte.

Le compromis, le passage en technique ou professionnel


« Il faut revaloriser les filières techniques et professionnelles ». Régulièrement, nous entendons cette phrase dans la bouche des politiques ou d’autres. Et en effet, aujourd’hui, ces filières fonctionnent en relégation. Lors des délibérations, cette voie est un bon compromis pour éviter plusieurs redoublements ou pour ne pas faire échouer un élève qui n’a pas suffisamment de points. On réoriente. Ces critères d’entrée dans ces types d’enseignement les placent d’emblée dans une position de sous-enseignement. Un autre facteur en est aussi responsable : les critères de sortie. Lorsqu’un élève passe en technique ou professionnel, le chemin inverse est pratiquement impossible. Ce sens unique engendre forcément une différence de statut entre les filières. Comme si les compétences acquises en général pouvaient se transposer en professionnel mais pas le contraire.

Quelle place pour l’école dans la société ?


Alors que notre société de services demande flexibilité et autonomie, l’école continue à fonctionner sur un système domestique et rigide. L’école ne parvient pas à évoluer au même rythme que les autres domaines de la vie. La créativité et l’originalité y sont plutôt blâmées et la participation effective à la collectivité n’est pas prise en compte. Compétences pourtant bien utiles et souvent valorisées dans la vie active, celles-ci s’acquièrent par l’action, en situation, souvent dans d’autres lieux éducatifs que l’école. Instaurer des cours de citoyenneté et d’expression artistique n’y changerait rien. Loin de charger encore les enseignants, ces constats montrent simplement que l’école est un système complexe et qu’il ne suffit pas de petites réformes, de contrats et de définition de nouvelles missions pour qu’elle soit plus « performante ».

Emilie Many
emilie.many@apefasbl.org

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