Cette austérité qui nous menace !

Aujourd’hui, on entend partout l’expression " plan d’austérité " ou " politique d’austérité " sans nécessairement comprendre de quoi il s’agit, ni sa portée. Dans le dictionnaire, ce mot est associée à des synonymes tels que " sévérité ", " froideur ", " dureté ", " gravité ", et on en passe... Rien de réjouissant quand on met tout ça dans un contexte politique. Mais qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ?

Une politique d’austérité est une politique qui a pour but de réduire le déficit budgétaire d’un pays. On dit qu’un budget d’État est en déficit lorsque ses recettes (impôts, taxes et cotisations sociales) sont inférieures à ses dépenses (allouées aux moyens nécessaires pour maximiser le bien-être de la communauté). Pour combler l’écart entre ses recettes et ses dépenses, deux possibilités existent : réduire ses dépenses ou contracter un emprunt auprès d’institutions financières Internationales (FMI, Banque Mondiale...) [1] à rembourser avec des intérêts importants.

Un plan d’austérité a des conséquences importantes sur la vie des citoyens sans qu’ils soient, le plus souvent, informés ni de la raison pour laquelle le déficit budgétaire de l’État s’est creusé ni des moyens employés par celui-ci pour réduire ce déficit.

Ces politiques se répandent fortement en Europe depuis 2006. Elles sont notamment mises en place dans des pays tels que la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et la Grèce [2]. De telles mesures peuvent également être décidées au niveau européen. La Belgique n’est donc pas à l’abri. Suite aux récents crashs bancaires, les États ont d’ailleurs investi beaucoup d’argent pour renflouer les banques, mettant ainsi à mal leur équilibre budgétaire au péril des citoyens.

Aujourd’hui, l’austérité nous menace. En effet, qui dit coupes budgétaires dit moins de services publics, c’est-à-dire une hausse des prix pour les citoyens ou une baisse de qualité dans les domaines régis par les pouvoirs publics : transports en commun, santé, enseignement, accueil de la petite enfance...

Ces politiques ont bien sûr un impact énorme sur la jeunesse. En opérant des diminutions budgétaires sur l’enseignement en Italie et en Grande-Bretagne, c’est le coût de l’enseignement qui augmente et le droit à l’éducation pour tous qui est sérieusement menacé. L’austérité provoque la diminution du montant des allocations de chômage et un durcissement des règles pour y avoir accès. Elle menace également l’indexation automatique des salaires en encourageant la privatisation. En diminuant l’intervention de l’État, ces politiques ont pour effet de creuser davantage le fossé entre les riches et les pauvres.

Les 24 et 25 mars, un Sommet européen a lieu à Bruxelles. Les chefs d’États européens comptent officialiser des mesures visant une meilleure maîtrise des dépenses publiques. Le " pacte de compétitivité " ne propose ni plus ni moins que le détricotage de la protections sociale. La réduction des salaires et des allocations sociales, la diminution des dépenses publiques, le relèvement de l’âge de la pension, l’augmentation de la flexibilité des travailleurs... sont quelques exemples des mesures d’austérité proposées dans ce plan. Les syndicats s’opposent à l’harmonisation des conditions de vie des citoyens vers le bas et ont appelés ceux-ci à se mobiliser pour émettre un signal fort contre cette Europe " d’un bleu très sombre " le 24 mars. Faisons entendre notre voix pour une société plus juste et plus solidaire !

Red’Action, le trimestriel de la JOC, consacre un dossier spécial à l’austérité dans le numéro qui paraîtra en avril 2011. Si tu souhaites le recevoir gratuitement, contacte la JOC au 02/513.79.13 ou via communication.joc@joc.be.

Slim Essaker, Adrien Faidherbe,
Marie Gerard,

Véronique Laurent, Patricia Monville