Campagne 11.11.11 pour la protection sociale pour toutes et tous

Tomber malade et ne pas pouvoir s’acheter de médicaments. Travailler mais rester pauvre. Se retrouver sans emploi ou perdre sa récolte et n’avoir plus aucune source de revenus. Travailler toute sa vie et ne pas recevoir de pension... Pour les ¾ de l’humanité, ceci n’est pas une fiction. En effet, seuls 27% de la population mondiale ont accès à une protection sociale complète. Les 73% restants, soit 5 milliards d’individus, ne disposent au mieux que d’une couverture incomplète, quand ce n’est pas son absence totale, avec des conséquences désastreuses sur leur vie. Aux moindres aléas de l’existence, ces derniers se voient dans l’obligation de puiser dans leurs ressources –souvent réduites – pour y faire face. L’absence ou la faiblesse de protection sociale est donc un obstacle de plus pour ceux qui tentent de sortir de la précarité, dans un monde où les inégalités sont à nouveau en train d’exploser. La protection sociale est pourtant reconnue comme un droit, garanti par l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et encadré par l’Organisation internationale du travail. Tous les pays du monde sont donc tenus d’assurer sa mise en œuvre.

Alors pourquoi ça coince ?
Certains tentent de faire passer la protection sociale pour un luxe inaccessible : elle serait à la fois trop chère pour les pays les plus pauvres, qui manquent de moyens, et pour les pays les plus riches, car elle réduirait leur compétitivité.

Pourtant elle est un levier de développement !
L’expérience des pays développés a démontré que la protection sociale réduit les inégalités et crée un cadre propice au développement. Par ailleurs, les expériences plus récentes de pays en développement, comme l’Indonésie, la Bolivie ou le Brésil, démontrent non seulement qu’il est possible de poser les premiers jalons d’un système de protection sociale quel que soit le niveau de développement économique d’un pays, mais qu’un tel système est aussi un puissant levier de développement.

Des moyens existent !
C’est pourquoi il faut s’assurer que chaque pays puisse en disposer. Cela passe par une stratégie nationale, en coopération avec tous les acteurs concernés, et une stratégie internationale de justice fiscale et aussi par la coopération internationale, qui soutient le développement des systèmes nationaux de protection sociale. Nous menons cette campagne pour faire de la protection sociale une réalité pour toutes et tous !

Pour diffuser notre message politique, il existe toute une série d’outils dont :
- Providence
Jeu interactif qui nécessite une connexion internet et une sortie son. Ce jeu vous invite à vous glisser dans la peau d’un dirigeant politique à la tête d’un pays imaginaire, « Providence ». Votre mission : définir les premières mesures de protection sociale de votre pays. Tout au long du jeu, des choix s’offriront à vous. Pour vous aider à prendre vos décisions, toute une série d’indices vous seront proposés sous forme de vidéos, d’articles ou encore d’infographies. Attention, chacune des mesures que vous prendrez aura un impact sur votre population et l’économie de votre pays !

- Malette pédagogique « Protection sociale »
Une mallette pédagogique regroupe 17 outils sur le thème de la protection sociale (pour animer des groupes de 15 ans et plus) ainsi qu’un guide de l’utilisateur. Elle convient pour diverses animations en lien avec la thématique de la protection sociale, des inégalités Nord-Sud, du travail décent, des luttes sociales, de l’accès aux soins de santé, etc. Les outils qui la composent ont été conçus par les membres actifs en éducation au développement sur la protection sociale. Les acteurs de la solidarité internationale et de l’éducation au développement impliqués pour cette mallette sont AchACT, Caritas, Oxfam-Solidarité, le LHAC, ULB-Coopération, Solidarité Mondiale, Oxfam-Magasins du Monde, Solidarité socialiste, le Monde selon les femmes et le CNCD-11.11.11.

La campagne 11.11.11 c’est aussi l’Opération 11.11.11 et donc un soutien actif aux mouvements sociaux des pays du Sud qui construisent des initiatives de protection sociale, comme les mutualités, ou cherchent à modifier les politiques publiques.

TTIP ET CETA, des accords qui menacent la protection sociale sont en train d’être négociés
Ces accords partent du présupposé que les règles protégeant la santé, les travailleurs ou l’environnement sont des obstacles au commerce et qu’elles sont à abaisser. S’ils bénéficient aux grandes firmes transnationales capables de tirer profit des restructurations et des économies d’échelle, ces accords affaibliront les marges de manœuvre des États pour financer les systèmes de protection sociale. Ce qui nous inquiète dans ces traités, comme mouvement Nord-Sud, ce sont, entre autres, les mécanismes proposés de convergence réglementaire et d’arbitrage entre États et multinationales. Ces mécanismes permettent à ces dernières d’attaquer un Etat par rapport à une réglementation qui ne leur serait pas favorable. Les tribunaux d’arbitrage ont déjà montré leurs effets ravageurs. La plainte déposée par Véolia contre l’Egypte pour l’augmentation du salaire minimum est un exemple. La condamnation du Guatemala à verser 25 millions de dollars pour son plafonnement des tarifs d’électricité en est un autre plus choquant encore.

Le premier acronyme, « TTIP », de loin le plus connu, a déjà réussi la prouesse de mobiliser contre lui plus de 3 millions de personnes, dans le cadre d’une pétition spectaculairement partagée à travers l’Europe. Cet accord de commerce et d’investissement, en négociation depuis mi-2013 entre l’UE et les Etats-Unis, rencontre en effet une opposition farouche. Mais il n’est pas le seul accord dangereux en préparation. Le « CETA » concerne lui le Canada et l’Union Européenne : il est déjà rédigé et devrait être signé en octobre 2016.

La Wallonie bloquera le CETA, une victoire de la société civile !
Ce 13 avril 2016, le ministre-président wallon, Paul Magnette l’a annoncé : la Wallonie refuse de donner les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour signer l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, le CETA. Il répond ainsi aux mises en garde répétées émises par de nombreux citoyens et de larges pans de la société civile belge et européenne, dont le CNCD-11.11.11. C’est le résultat d’un travail de longue haleine d’information et de sensibilisation du public et du monde politique, qui a permis de faire évoluer les positions de nos élus. Mais ce travail est loin d’être fini. Le CNCD-11.11.11 veillera à maintenir la pression afin de s’assurer que la Belgique pèse de tout son poids, avec d’autres pays européens, pour que ni le TTIP, ni le CETA n’entrent en vigueur et ne mettent en faillite notre démocratie.

Envie d’en savoir plus ?
Un rendez-vous est fixé le samedi 25 juin 2016 à Bruxelles pour débattre ensemble des impacts de ces traités et organiser les mobilisations citoyennes à venir. Inscriptions : http://www.cncd.be/bruxelles-Journee-STOP-TTIP

Anne VAN RUYMBEKE
Coordinatrice campagne 11.11.11
anne.vanruymbeke@cncd.be