C.R.A.C.S. un jour, C.R.A.C.S. toujours ?

Toi mon petit, C.R.A.C.S. tu deviendras en entrant dans mon O.J. ! Et C.R.A.C.S. sont tes comportements lors de mes activités, car tu l’as vécu, porté et préparé…

Mais en fait, C.R.A.C.S., l’es-tu toujours quand tu n’es plus dans mon O.J ? Moi, ton O.J., qu’ai-je fait pour m’en assurer ?

Hier matin, en me levant, je pensais à ce beau projet que nous portons et que nous mettons en place dans notre quotidien d’O.J à savoir participer à la construction d’une jeunesse C.R.A.C.S. Cela ne se fait pas en un jour et nous avons développé différents moyens pour y arriver. Et les résultats sont bons !

Analysons le processus qui transforme un jeune en un jeune C.R.A.C.S. :

Un jour, pour une raison x (un ami, une rencontre, une activité qu’il a découverte,…) un jeune arrive dans une O.J. On apprend à se connaitre et commence alors une danse qui permet à chacun des deux partenaires de savoir s‘ils vont bien dans la même direction et au même rythme. Bref, on se découvre et on identifie si les motivations et valeurs de l’un et de l’autre se rejoignent.

Quand on est d’accord de faire un petit bout de chemin ensemble, on s’enrichit mutuellement. Du point de vue de l’O.J., voici le moment d’apporter au jeune la « C.R.A.C.S. attitude » et des valeurs qui lui sont propres. Cet apport se fait petit à petit et va progressivement faire évoluer la manière dont le jeune regarde et agit dans la société. Tant que cela reste en accord avec ses valeurs ou l’évolution de celles-ci, il va continuer à porter les actions et missions de l’O.J. Cette dernière, quant à elle, va accompagner le jeune et lui donner un maximum de ressources (structure, méthodologie, matériel, outils, formation…) pour y arriver. Et voilà un citoyen responsable actif critique et solidaire en puissance !

Tout au long de ce processus, l’O.J. va susciter chez le jeune un sentiment d’appartenance. Plus fort sera ce lien, plus fort sera l’investissement du jeune, mais pas seulement. En effet, se reconnaitre comme faisant partie d’une O.J. va permettre au jeune de se sentir protégé par celle-ci. Protégé vis-à-vis des regards et des jugements des autres face aux actions et valeurs qu’il porte pour son O.J. qui ne sont pas toujours dans les « normes » sociétales ou qui ne répondent pas aux critères standards du comportement dans la société (mode, action, manière de penser).

Or, quand il « sort » de l’O.J., à la fin d’une activité par exemple, le jeune se retrouve sans cette « protection » et le voilà seul face à d’autres valeurs et envies d’agir… Face à cette « solitude », il arrive que certains se rétractent ou reprennent un comportement plus « confortable ». En effet, trop souvent, nos organisations mettent beaucoup d’énergie à construire et outiller le jeune pour son action dans le cadre de l’organisation, mais cela n’est pas forcément poursuivi en dehors… Et on se retrouve avec des personnes qui militent contre les multinationales et vont ensuite débriefer dans un fast-food (car, c’est bon, l’activité est finie). Nous sommes bien d’accord que pas mal de jeunes ont la volonté d’être cohérent et en lien avec leur comportement dans l’O.J. et en dehors mais cela reste un défi qui n’est pas si simple à porter.

Et chez vous, qu’avez-vous mis en place pour que ce C.R.A.C.S. en puissance puisse développer ce comportement dans sa vie de tous les jours… et pas seulement dans nos organisations de jeunesse (ce qui reste l’objectif de toutes O.J.) ? L’a-t-on suffisamment équipé à pouvoir porter sans crainte ses valeurs dans la société ? Sans oublier un travail sur l’estime de soi qui lui permettrait de se sentir bien dans ses baskets face à l’inertie de son environnement !

Ps : ce matin je me demandais juste quelle couleur aurait mon t-shirt ?

Guillaume Lair-Duée
Animateur pédagogique
guillaume.lairduee@resonanceasbl.be