Agissons en pleine conscience !

Être et faire sont deux éléments importants de nos vies. Le temps file. Au saut du lit, on se projette déjà dans les 1001 défis de nos agendas. Les journées s’enchaînent comme les pas d’une valse à 1000 temps. Etourdi par les tourbillons, les tempêtes quotidiennes, on réagit, surréagit. Nous vivons dans un monde où l’on passe de plus en plus de temps à « faire ». On passe d’un projet à l’autre. Parce qu’il faut avancer. Les journées passent à toute vitesse, le monde s’accélère et parfois nous épuise. Comment se poser, lâcher prise et faire une place à plus de lenteur pour agir mieux ?

Ce jeudi 6 novembre, à Louvain-La-Neuve, a eu lieu le salon FORUM+, journée de la formation, de l’apprentissage et du développement [1]. Ilios Kotsou, chercheur à l’Université Catholique de Louvain, expert et formateur dans le domaine du management, a inauguré la journée. A sa façon, avec son expertise et sa philosophie, il a apporté son éclairage : la pleine conscience ou comment piloter dans la tempête ?

A ne pas confondre avec la relaxation

La pleine conscience (ou « mindfullness ») se définit comme un processus d’attention consciente de notre expérience. Jhon Kabat-Zinn, professeur de médecine et précurseur des techniques de « mindfullness » appliquées à la gestion du stress, définit la pleine conscience comme le fait de « porter son attention d’une manière particulière, délibérément, au moment présent et sans jugement de valeur » [2]. Plus simplement, on pourrait dire que pratiquer la pleine conscience, c’est apprendre à être plus présent à soi-même et aux autres. C’est se placer en observateur de soi-même pour prendre conscience de ce que l’on fait.

De nombreuses études montrent les interactions existantes entre l’attention et la régulation des émotions ainsi que les effets bénéfiques de la pleine conscience. La pratique régulière de cette décentration semble avoir un effet positif sur l’activité du cerveau [3]. Elle active certaines zones du cerveau et en désactive d’autres « telles que l’amygdale, sentinelle d’alarme qui déclenche le stress, la colère et l’anxiété » [4]. Matthieu Ricard, fervent pratiquant et auteur (précurseur) de Méditer jour après jour assure que « La pleine conscience stabilise les humeurs et permet à celui qui la pratique de reprendre son mieux-être en main, sans médicaments, ni effets secondaires ».

Un véritable canif suisse

Cet entrainement de l’esprit trouve ses racines dans la pratique méditative bouddhiste. Il est pourtant exempt de toute connotation religieuse ou mystique. Cette technique marque par sa simplicité. Elle vise à se libérer de mécanismes automatiques, des ruminations mentales, sources de stress, de détresse ou de mal-être. Elle permet donc d’apprendre à mieux gérer ses émotions et à lâcher prise, de développer sa concentration et sa créativité, de trouver apaisement, sérénité et paix intérieure.

Cet Everest mental est accessible à tous, à raison d’une demi-heure au minimum d’exercice par jour. A chacun de trouver le moment et le lieu pour ce retour sur soi.

Agir plutôt que réagir

Entrainer son attention et retrouver sa capacité à revenir « ici et maintenant » est un moyen de mieux équilibrer ses ressources entre ses différentes activités. C’est aussi prendre le temps de répondre aux contrariétés, imprévus que la vie nous envoie. C’est être plus efficace, être là 100% plutôt que d’être éparpillé. Changer le monde en se changeant soi-même… L’avenir dépend de ce que nous faisons dans le présent. Pleinement. Consciemment.

Pascale Tielemans
Permanente pédagogique - Résonance asbl
pascale.tielemans@resonanceasbl.be

[2KABAT-ZINN J. (2003), Mindfulness-based in context : Past, present and future, Clinical Psychology : Science and Practice, 10-12, 144-156.

[3KOTSOU I. (2014), Intelligence émotionnelle et management, De Boeck, pp. 132.

[4KOTSOU I., Eloge de la lucidité : se libérer des illusions qui empêchent d’être heureux, Robert Laffont, 2014.