ASBL vs SA, bien-être contre profit

Une étude de l’université de Caen apporte une pierre à l’édifice dénonçant la nocivité des OGM. Ce qu’elle dit ? Un peu ce qui a déjà été dit. Ce qu’on en retire ? Que le principe de précaution et les obligations de test ne pèsent pas bien lourd face aux grandes entreprises globales. Et qui nous amène à poser les bonnes questions sur la manière dont nous faisons tourner notre monde : finalement, dans la vie, qu’est-ce qui nous meut ? Et qui dirige la farandole ?

Cela fait longtemps que le débat fait rage entre les détracteurs des OGM et les multinationales qui matraquent à coup de lobbyings intensifs les députés du monde entier afin de faire adopter des lois favorables à leurs activités. On peut se perdre dans la technicité de l’influence de la modification génétique sur l’équilibre général de la nature, gloser sur l’éthique et les limites que même la science ne devrait pas franchir, brandir sa lance et partir à l’assaut des entreprises malveillantes.


Dans l’Obs : oui, les OGM sont des poisons ! par LeNouvelObservateur

On peut aussi constater que toute civilisation se construit autour de la protection de ses habitants et qu’elle grandit quand le bien-être de ces derniers s’accroît. Mais quand les forces qui actionnent l’évolution de la civilisation sont mues par des motifs autres (comme, prenons le premier exemple qui passe par là et qui fera bien l’affaire, un but lucratif), le profit du plus grand nombre s’effrite. Ou s’effondre.

Profit vs bien-être

La maladie de notre XXIe siècle : la rentabilité des services publics. Que ce soit les transports, l’enseignement, la recherche, les services sociaux, la patte des « experts privés » vient s’imprimer sur la gestion afin de « rentabiliser » ces derniers.

Certes, un regard extérieur sur une institution est parfois nécessaire ; cela permet à toute organisation de prendre du recul et de se poser des questions sur son identité au-delà du quotidien. On le fait aussi dans nos organisations de jeunesse. Mais il est crucial non seulement de choisir un interlocuteur qui observe et analyse pas seulement d’un point de vue de gestionnaire mais aussi avec des valeurs ! Parler « d’unités » de chômage, c’est oublier que ce sont des hommes et des femmes. Évoquer la rentabilité de la sécurité sociale, c’est tenter de gagner de l’argent au détriment de la santé des plus démunis.

À trop vouloir lutter contre la mauvaise gestion, on oublie que ce qu’il faut vraiment rechercher, c’est une bonne gouvernance au profit du plus grand nombre. Prendre des décisions hâtives en ayant le nez sur des résultats à court terme ne permet pas d’avoir une vue sur le long terme. Dans l’associatif, on prend le temps, parfois dans des procédures lourdes, dans des consultations collectives qui s’étirent en longueur, mais en tant qu’Organisation de Jeunesse, notre action est façonnée par nos valeurs.

Choisissons notre mode de vie selon ce qui nous meut et nous émeut. Non seulement dans nos engagements et nos loisirs, mais aussi dans notre vie quotidienne, faisons des choix CRACS et réfléchissons aux objectifs des organismes que nous côtoyons : quel sera leur impact à long terme, sur nous en tant qu’individus, sur la société, sur le monde ? Et faisons le bon choix : celui de rester vigilants et attentifs au bien-être de tous.

Laetitia Vignaud
Responsable communication et pédagogie au CJC
lvignaud@cjc.be