
La crise économique est de retour. On nous dit que la situation est grave. Disons qu’elle est gênante pour les plus aisés, et que les innocents aussi en font les frais. Tâchons surtout de voir pourquoi le système financier est en lui-même inquiétant...
Qu’est-ce qu’une banque ? Au départ, c’était un lieu où déposer son argent. Juste pour le protéger. Sauf que les banquiers se rendirent vite compte qu’il y avait bien plus rentable que de simplement louer leurs coffres. Ils se mirent rapidement à prêter cet argent qui leur était confié. Bien sûr, ils demandaient un peu plus en retour, histoire qu’il y trouvent eux-même leur compte. C’est ce qu’on appelle les intérêts.
En plus, il y avait même un peu de surplus à distribuer à ceux qui avaient amené la mise de départ en faisant des dépôts. Tout le monde y gagnait donc : la banque et ses clients. Le bonheur économique.
Juste un petit problème : il se passait quoi si tous les clients décidaient de retirer leur argent en même temps ? Comme la banque avait prêté ces sous par-ci par-là, elle ne pouvait pas les récupérer assez vite. Et crac dedans. Faillite. Et soudain tout le monde y perdait.
Autre petit problème : si la banque prêtait l’argent à des gens qui en faisaient mauvais usage et ne se retrouvaient plus en mesure de le rembourser ? Pareil. Tout le monde y perdait. Ca arrive...
Petit bond en avant. Bienvenue en 2008. Il paraît que c’est la crise financière. C’est bien le cas. Les raisons ? Essentiellement celles qu’on vient d’expliquer. Avec quelques petites différences.
Nous ne sommes plus au Moyen Age (encore que...) La finance a évolué (encore que...) Les banquiers ont inventé plein de gadgets financiers. Comme la bourse. Tiens, c’est quoi la bourse ? Disons que c’est un peu comme une banque sans coffre. Où l’argent passe plus directement des gens qui l’ont à ceux qui sont priés de l’utiliser correctement, pour que les premiers récupèrent ensuite (bien) plus que leur mise de départ. Arrêtons-nous là, les détails (actions, obligations...) seront pour une autre fois.
Deux choses à retenir. Primo, ce système est devenu incroyablement complexe. Il n’y a que quelques spécialistes qui ont l’air de s’y retrouver (ou qui font très bien semblant). Quant aux petits épargants, c’est simple, ils n’ont plus rien à dire. Secundo, un paramètre du système s’est particulièrement bien emballé. Celui du risque. Les investisseurs en veulent toujours plus pour leur argent. Davantage d’intérêts dans des délais de plus en plus courts. Donc prises de risques. Et comme derrière tous ces mouvements d’argent quasiment virtuel, il y a en fin de compte des gens qui travaillent et qui ne peuvent pas indéfiniment accélérer la cadence, eh bien tôt ou tard, ça casse. Et crac, c’est de nouveau la crise.
Finalement, qu’est-ce qui est vraiment inquiétant dans tout ça ? Simple. Quand tout fonctionne, ce sont ceux qui prêtent le plus qui gagnent le plus. Bon... Mais quand ça ne fonctionne plus, ce sont les pouvoirs publics qui renflouent les banques. Avec l’argent des impôts de tout le monde. Y compris celles et ceux qui n’ont jamais voulu jouer avec le feu boursier. On appelle cela : « privatiser les profits, socialiser les pertes. »
Pour certains, il est donc tout naturel que les pauvres paient pour les bourdes des riches. Pour nous, il n’en est pas question !
Benoît Lambo
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