7 ans au lieu de 15 pour développer un cancer… dépêchons – nous !

En tant que chanceuse campagnarde, j’ai pu constater (tout comme mes voisins) les effets miraculeux du glyphosate : haies et pelouses brulées, feuilles de courgettes et de salades tachées et ensuite asséchées… Que de ravissantes perspectives quant à ce que nous allons trouver dans nos assiettes… et de quoi nous conforter que rien n’est plus sain que ce qui est cultivé dans nos jardins, à la sueur de notre front et de manière biologique (marc de café comme engrais, tagettes pour repousser les limaces, fleurs mellifères pour attirer les pollinisateurs…).

Ce 19 mai, le comité technique européen devait se prononcer sur le renouvellement de l’autorisation sur le marché de ce fameux glyphosate : un herbicide utilisé couramment dans l’agriculture et le jardinage soupçonné d’être hautement cancérigène… L’organisation mondiale de la santé l’a, en effet, classé comme probablement cancérigène pour les êtres humains. Conclusion appuyée par des expériences menées sur des souris et des rats qui, suite à une exposition prolongée au glyphosate, ont développé des cancers du rein et des vaisseaux sanguins.

Au vu des suspicions planant sur ce charmant produit, la Commission devrait le clouer au pilori et le bannir du marché… En lieu et place de cela, elle a postposé sa décision suite à l’immense mobilisation qui a poussé des pays comme la France, l’Allemagne et les Pays-Bas à ne pas soutenir cette proposition. La partie n’est donc pas encore gagnée et la Commission réintroduira un vote dès la semaine prochaine (l’autorisation du glyphosate expire le 30 juin), bien décidée à accorder les sept ans de sursis (au lieu des 15 années annoncées au départ) auquel cet herbicide a droit… Car après tout, qu’est-ce que sept ans au vu de l’âge de notre belle planète ? D’autant plus que ce ne sera qu’à des fins uniquement professionnelles… Il est, en effet, bien connu que c’est le petit jardinier du dimanche qui nuit gravement à la planète et à la santé de ses concitoyens plutôt que les puissants agriculteurs qui pulvérisent sans vergogne.

Une volonté de la Commission plutôt inquiétante quand on sait qu’une concentration importante de glyphosate a été détectée dans l’urine de près de cinquante eurodéputés qui s’étaient soumis à un test à l’initiative des Verts lors de la session plénière du Parlement au mois d’avril. Les tests indiquent que du glyphosate a été détecté dans l’urine de l’ensemble des participants, et ce "dans des proportions élevées". La moyenne du taux de glyphosate mesurée dans l’urine des députés européens s’établit à 1,7 microgramme/litre, soit 17 fois plus que la norme autorisée de résidus de cette substance pour l’eau potable européenne. Des chiffres qui viennent corroborer une étude allemande menée en 2015. Basée sur 2.000 échantillons provenant d’un large panel de citoyens, celle-ci démontrait que 99.6% des personnes portaient des traces de glyphosate dans le corps…

Une fois n’est pas coutume, le gouvernement belge s’est distingué par son manque total de considération pour ses concitoyens en appuyant la position de la Commission et le renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Pour justifier cette prise de position, nos responsables politiques se sont appuyés sur les publications « scientifiques » de Monsanto et autres consorts qui présentent le glyphosate comme inoffensif… Lobbies, vous avez dit lobbies ?

Bien sûr que non !! Les dénonciations de risques accrus pour la santé ne sont que tissus de mensonges, résultats d’une propagande bête et méchante d’organisations agissant pour la sauvegarde de la santé publique…

Un porte-parole de la Commission a prévenu vendredi que « si aucune décision n’était prise avant le 30 juin, le glyphosate ne sera plus autorisé en Europe et les Etats membres devront retirer du marché tous les produits contenant ce pesticide ». Vous souhaitez soutenir l’abolition du glyphosate ? N’hésitez plus, signez la pétition. La Commission ne pourra que suivre la volonté citoyenne en quête d’un monde plus sain, respecteux de la santé et de l’environnement.

Florence Van de Steene
Permanente pédagogique de l’asbl Résonance
florence.vandesteene@resonanceasbl.be

Sources :
- http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2702635/2016/05/12/Un-principe-actif-du-Roundup-dans-les-urines-de-deputes-europeens.dhtml
- Pesticides : un herbicide présent dans le corps humain - Topsante.com www.topsante.com › Médecine › Médecine divers › Environnement et santé