47 États s’engagent dans une réflexion commune sur le travail de la jeunesse

Dans le cadre de la Présidence belge du Conseil de l’Europe, la Belgique accueille, du 27 au 30 avril à Bruxelles, la deuxième convention sur le travail de la jeunesse. Un des principaux enjeux de cette convention est de réaffirmer le rôle essentiel du secteur de la jeunesse à la préservation de la Paix et au maintien de la démocratie. Cela constitue l’objectif primordial du Conseil de l’Europe, promoteur de l’évènement.

Les débuts du travail de la jeunesse se situent dans le courant du 19ème et le début du 20ème siècle. Les adultes organisaient alors des activités, basées sur une idéologie ou des valeurs issues de la religion, la politique, le sport ou encore les mouvements de jeunesse, à destination des jeunes. La période d’après-guerre constitue le début du soutien de l’Etat au travail de la jeunesse via le développement d’un concept de « jeunes » distinct de l’enfance et de l’âge adulte [1].

Aujourd’hui, le travail de la jeunesse ne se caractérise plus uniquement par des services fournis par des adultes aux jeunes. En effet, celui-ci est plutôt orienté vers le travail avec et par les jeunes ainsi que sur le soutien dans leur développement personnel. Au cours de la dernière décennie, il y a eu un intérêt croissant pour le travail de la jeunesse en Europe. Bien qu’il soit de plus en plus pris en compte par la politique, le travail de la jeunesse a encore du mal à être tout à fait reconnu et valorisé au sein de l’ensemble des pays de l’UE. Pour cela, plusieurs organisations du secteur demandent une plus grande reconnaissance sociale.

Au fil des ans, le secteur du travail de la jeunesse en Europe a assimilé une large base de bonnes pratiques. Les associations de jeunesse peuvent apporter une réelle plus-value aux politiques menées dans différents secteurs, tels que, par exemple, l’emploi, les questions sociales, les politiques environnementales… Cet apport est relatif à leur expertise de la jeunesse mais également à une approche originale du jeune et à leurs méthodes.

Afin de promouvoir l’échange des bonnes pratiques dans le secteur jeunesse au sein de l’Europe et la réflexion sur les enjeux du secteur, la deuxième convention sur le travail de la jeunesse réunit environ 200 travailleurs de la jeunesse, 60 représentants des Ministères concernés, 40 représentants des agences nationales du programme Erasmus+ ainsi que 50 jeunes chercheurs européens de la jeunesse qui font partie des délégations nationales des 50 pays signataires de la Convention culturelle européenne du Conseil de l’Europe.

La deuxième convention vise à trouver un terrain d’entente dans la diversité de la pratique du travail de la jeunesse, au sein des différents pays, en abordant sept thèmes :
- Le sens, la « raison d’être » du travail de la jeunesse
- Les objectifs et les résultats attendus du travail de la jeunesse
- Les modèles et pratiques constituant le travail de la jeunesse
- Les connexions entre le travail de la jeunesse et le travail plus large avec les jeunes (éducation formelle, la formation et l’emploi, l’entrepreneuriat et plus)
- La reconnaissance du travail des jeunes au sein et au-delà du domaine de la jeunesse
- Le besoin d’éducation et de formation de qualité
- La valeur du travail des jeunes pour les jeunes, de leurs communautés et la société dans son ensemble.

La Belgique a joué un rôle majeur dans la réflexion sur le sujet, en organisant la première conférence européenne sur l’histoire du travail de la jeunesse et des politiques de jeunesse en 2010 sous la présidence belge de l’UE. Cela symbolise un moment important où l’histoire du travail de la jeunesse a mené à l’adoption de la première convention européenne sur le travail de jeunesse.

Le Conseil de l’Europe, promoteur de ce nouvel évènement, comprend 47 États membres, dont les 28 membres de l’Union européenne. Tous les États membres du Conseil de l’Europe ont signé la Convention européenne des droits de l’homme ; un traité visant à protéger les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit.

Le CJC participe à la deuxième convention, au sein de la délégation belge, par le biais de son mandat au Conseil de la Jeunesse. Dans son travail quotidien, le CJC en tant qu’organisation de jeunesse reconnue, vise à une ouverture plus grande, une meilleure intégration et une participation démocratique plus importante des jeunes.

Dans ce sens, le CJC a l’ambition que cet apport dans la société soit reconnu et soutenu tant au niveau politique que dans la sphère publique afin de construire ensemble des idées, des projets et des positions. La participation du CJC à cet événement permet de donner de l’ampleur à son engagement en faveur de la jeunesse en contribuant à la réflexion sur les enjeux du secteur au niveau international.

La convention se déroule pendant la semaine européenne de la jeunesse 2015, et représente une importante occasion de réflexion sur les enjeux du secteur ainsi que sur la reconnaissance et la qualité du travail de la jeunesse !

Veronica Arduino
Chargée de projets et relations extérieurs - CJC
varduino@cjc.be