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Selon nous
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18/05/2012

Le politique doit faire des choix moraux collectifs en vue du bien commun. Une compétence généraliste, qui est exercée en démocratie par des mandataires élus, avec l’aide de techniciens, en concertation avec la société civile (défenseurs des droits humains, syndicats…), et aussi à la lumière de discernements politiques. En avons-nous la compétence, si les spécialistes ne s’en tirent pas ? Oui, parce que ni le financier, ni l’économique ne fonctionnent pour eux-mêmes. Ils ont une portée sociale et une visée humaine, et ils ont donc des enjeux moraux qui impliquent l’ensemble de nos populations.

Nous sommes en crise financière depuis 2008, à la suite des États-Unis. Elle a viré à la crise économique et donc sociale dans plusieurs pays, et dans l’ensemble de la zone euro par un effet de domino : Grèce, Portugal, Espagne, Italie,… En fait, on nous parle de crises de façon presque permanente depuis bientôt 40 ans, et cet enlisement révèle d’inquiétants paradoxes :

-  Même si elles sont d’origine locale (Mexique, sud-est asiatique, États-Unis) ou « sectorielles » (pétrole, bourses, banques), elles affectent l’ensemble du monde.
-  L’expérience devrait rendre les responsables financiers et politiques de plus en plus habiles à la manœuvre. Au lieu de quoi nous végétons dans des crises dont le coût social fait scandale.
-  L’origine et la nature des crises est chaque fois différente, mais la politique (re)commandée aux États est toujours la même : l’austérité. Et si elle ne réussit pas, on (re)commande… plus d’austérité !

Et comment réussirait-elle, l’austérité, si on affaiblit sciemment des économies qui sont déjà affaiblies ? Cela fait près de 35 ans que nous appliquons la médecine de Molière, en purgeant et saignant sans cesse des organismes déjà débilités. Et on le fait partout à la fois, jouant à Dupond et Dupont, le parachute en torche, qui s’accrochent l’un à l’autre pour ne pas tomber... Cela fait donc près de 35 ans que nous faisons payer aux petits et même aux plus démunis, les effets de crises qu’ils n’ont évidemment pas provoquées. Et en ménageant les responsables, privés comme publics.

Comment s’explique cet aveuglement persistant : incompétence ? cynisme financier ? impuissance politique ? La question n’appelle pas seulement une analyse « objective », mais un jugement politique et moral.
-  On ne peut juger de l’efficacité d’un système financier à partir de seuls critères financiers, car il doit servir l’économie. On ne peut juger de l’efficacité d’un régime économique à partir de seuls critères économiques, car il doit servir le social et de l’humain. Le jugement doit être politique, parce qu’on déborde les techniques et parce qu’en démocratie, c’est la vision de société des populations – une vision d’ensemble, généraliste – qui doit orienter les politiques.
-  Il n’est pas vrai qu’« il n’y a pas d’alternative » aux politiques qui sont menées. Mais elles se heurtent aux rapports de force sociaux dans nos pays, et géopolitiques dans le monde.
-  Il n’est pas vrai que la soumission aux marchés ou l’équilibre financier soient des normes incontestables, qu’on peut figer dans des traités internationaux ou dans nos constitutions : c’est refuser leur droit aux électeurs du futur.
-  L’économie de libre concurrence est réfractaire aux volontés collectives qui fausseraient le jeu allocatif des marchés. Elle ne peut donc fonder la politique d’États garants du bien commun.

La morale est mise en cause dans tout cela ; le politique est le lieu où l’on gère les enjeux moraux collectifs. Un point de vue chrétien est donc légitime, jusque dans le débat politique : être chrétien ne se limite pas à un culte. En Belgique, les évêques et les laïcs (le Conseil interdiocésain de laïcs, C.I.L., et son homologue flamand, l’I.P.B.) ont clamé ensemble leur indignation . Et la commission Justice et Paix poursuit la réflexion, avec d’autres mouvements et avec d’autres commissions européennes.

Paul Löwenthal
Université catholique de Louvain, Justice et Paix, Belgique francophone
paullowenthal@hotmail.com

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20/04/2012

Les NTIC permettent des avancées phénoménales dans divers domaines, et pourtant, certaines personnes se retrouvent exclues d’activités qui sont quotidiennes pour la majorité d’entre nous, comme surfer sur le web. Quels sont les enjeux pour les personnes handicapées quand il s’agit d’internet ? Quels sont les obstacles ? Comment savoir si un site est lisible par le plus grand nombre ?

Ce n’est pas souvent la première chose à laquelle on pense quand on créée un site web : est-ce que mon site sera accessible à tous ? Est-ce que la structure sera claire, oui, le menu sera-t-il lisible par les logiciels pour aveugles ? En général, on a envie que le site soit « plus moderne », ou encore « lisible et aéré », voir éventuellement « fun et coloré » (ce dernier critère était sans doute au top de la liste de la ministre de la jeunesse Evelyne Huytebroeck)

Lutter contre la fracture numérique

Le web permet potentiellement d’être lu par quasiment n’importe quelle personne dans le monde. Mais bien des obstacles peuvent se dresser entre quelqu’un qui écrit un contenu et une personne susceptible d’être intéressée pour le lire. On pense souvent aux obstacles tels que la pauvreté (il faut déjà avoir un ordinateur, une connexion internet, voir suffisamment puissante pour lire des sites qui demandent beaucoup de bande passante), mais aussi aux enjeux politiques. Des sites internet sont inaccessibles depuis certains pays, comme Facebook en Chine. On songe moins souvent au fait qu’une jolie animation en Flash ne peut pas être « scannée » par les logiciels pour aveugles.

80 % de la communication passe par le visuel ! Lutter contre la fracture numérique passe par le fait de prendre en compte toutes les personnes n’ayant pas accès à l’information en ligne, quelle qu’en soit la raison. Certaines personnes aveugles utilisent un ordinateur depuis 1992, car il était déjà possible à l’époque d’utiliser des systèmes qui « lisent » ce qui apparait à l’écran. En utilisant le clavier, ainsi qu’une barrette Braille, pas besoin d’une souris ! On navigue à l’aide des raccourcis clavier.



C’est une chose d’avoir le matériel adéquat pour utiliser un ordinateur, s’en est une autre de surfer sur tous les sites ? L’ASBL AnySurfer délivre un label et réalise des audits pour rendre les sites internet optimaux pour tout type de handicap. Une image ou un texte qui clignote ? Des couleurs mal choisies ? Une info-bulle qui s’affiche lorsqu’on passe la souris dessus ? Autant de dispositifs qui ne répondent pas aux quatre grands principes : être perceptible, utilisable, compréhensible, robuste. En effet, qu’on soit daltonien, épileptique ou dyslexique, la personne risque d’être gênée par une telle mise en page et ne pas accéder au contenu.

Être CRACS, c’est aussi être vigilant et faire en sorte que tous puissent participer et accéder au contenu ! Et votre site, pourrait-il recevoir le label AnySurfer ? Celui du CJC non… mais on sera vigilant à le rendre accessible à tous !

Laetitia Vignaud
Chargée de communication
lvignaud@cjc.be

Envie d’en savoir plus ?

Une formation a lieu la semaine prochaine, lors de la semaine du numérique, pour apprendre à créer une retranscription et à sous-titrer vos vidéos. Plus d’infos par là.

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3/02/2012

Ce jeudi 20 janvier, la justice américaine a ordonné la fermeture du site Megaupload et procédé à l’arrestation de ses dirigeants. Selon le site du FBI, Megaupload avait jusqu’à 50 millions de visiteurs par jour et il mobilisait à lui tout seul 4 % du trafic sur le net. Cette fermeture arrive dans un contexte particulier, à un moment où les États-Unis ont décidé de mener la vie dure au piratage. Dans l’urgence, pour éviter de subir le même sort, les services similaires mettent de nouvelles barrières aux utilisateurs. Quels sont les enjeux de la fermeture du site pour le monde entier et la liberté du web ?

De quoi parle-t-on exactement ?

Megaupload est un site dit de téléchargement direct : les internautes peuvent y télécharger des fichiers qui y ont été stockés par eux-mêmes ou par d’autres utilisateurs. Ces fichiers sont hébergés par Megaupload, ce qui permet à l’entreprise de proposer des vitesses de téléchargement importantes – mais la rend partiellement responsable des contenus qu’elle abrite. C’est aussi un des plus grands sites mondiaux de stockage et de téléchargement de fichiers informatiques. Il permet aux internautes de transférer des fichiers volumineux. Le site est gratuit, mais il y a aussi une version payante si l’on veut disposer de plus de capacité. C’est un outil très pratique pour les graphistes, par exemple, lorsque les fichiers à envoyer sont particulièrement volumineux.

En soi, ce que propose le site n’est pas illégal ; le droit américain, comme le droit français, prévoit que les hébergeurs ne sont responsables de la présence de contenus illégaux sur leur service que s’ils ne répondent pas aux demandes de suppression des ayants droit. Megaupload avait mis en place une procédure de suppression des contenus illégaux, mais est accusé de ne pas l’avoir respecté.

Un contexte tendu

La fermeture du site est arrivée au moment où le Sénat américain s’apprêtait à voter les lois SOPA (Stop Online Intellectual Act) et PIPA (Protect Intellectual Property Act). « Ces deux lois avaient pour projet d’autoriser les ayants droit à lancer des injonctions aux intermédiaires techniques lorsqu’un site favorise selon eux le piratage des œuvres protégées. La différence avec le système actuel est qu’ils pourraient le faire en court-circuitant complètement la justice pour frapper directement à la porte des concernés. » Pointées du doigt par des géants du net ou des groupements citoyens d’utilisateurs, car vues comme portant atteinte à la liberté d’expression, les lois ont rencontré un large mouvement de protestation, qui a incité les sénateurs américains ont fait un pas en arrière.

Cette problématique dépasse largement les frontières des États-Unis. Le 26 janvier dernier, au Japon, un accord a été signé entre pays « riches » dont l’Union européenne. Celui-ci, nommé ACTA, concerne la privatisation des savoirs dans différents secteurs dont celui d’internet. Il vise à rendre responsables les fournisseurs d’accès Internet de ce que font leurs utilisateurs, les obliger à communiquer les informations concernant ceux-ci en limitant les outils informatiques visant à les protéger. Cet accord doit encore passer le filtre de 4 commissions avant d’entrer réellement en vigueur dans nos pays.

« ACTA connaîtra-t-il le même sort que SOPA ? « Plus que la mobilisation des citoyens et des internautes, la réaction des acteurs de l’Internet comme Google, Wikipédia et Mozilla sera déterminante », estime Nate Anderson, du site Ars Technica. La bataille ne fait que commencer. »

Une manifestation de protestation aura lieu à Bruxelles samedi 11 février prochain. Les détracteurs ne contestent pas le bien-fondé de l’accord, lequel vise officiellement à protéger la propriété intellectuelle au niveau international. Le problème réside dans le fait que le terme de "propriété intellectuelle" est volontairement flou. Le risque : il suffira d’échanger une information copyrightée pour voir son accès internet supprimé et écoper de poursuites judiciaires. Mais pour le vérifier ces échanges, ACTA va renforcer la surveillance. Les fournisseurs d’accès à internet devront vérifier toutes les données envoyées et reçues. Or, citer un article de presse dans un email peut rentrer dans ce cadre… et mener à la prison ! Ce sont des accords liberticides pour internet qui pourraient nous être imposés par des personnes non élues. Cette censure pourrait de plus permettre de supprimer des informations gênantes comme c’est déjà le cas dans certains pays où l’on bloque l’accès à certains contenus, mots clés ou sites internet.

Concrètement…

À n’en pas douter, la fermeture de Megaupload est un évènement qui s’inscrit dans une problématique touchant tous les acteurs à différents niveaux. Aux quatre coins de la toile, le débat reste ouvert et ne laisse personne indifférent.

Il y a quelques années, on s’émouvait pour la Chine en apprenant que certains sites leur sont inaccessibles. Facebook y est toujours interdit. Si certains États choisissent d’empêcher leurs citoyens d’accéder à des sites web, dans le cas présent il s’agit de conglomérats internationaux qui influencent les lois de nos pays occidentaux, que l’on clame hauts lieux de libertés. Sera-ce encore le cas longtemps ?

Pascale Tielemans
pascale.tielemans@resonanceasbl.be

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7/10/2011

Aujourd’hui 13 heures, j’allume la télé et tombe sur le J.T. Après trente minutes au cours desquelles j’ai pu rencontrer Germaine, une pensionnée qui n’arrive pas à joindre les deux bouts et Édouard qui fait des collections bizarres, j’ai l’impression de ne pas savoir ce qui se passe dans le monde. Est-ce que j’attends ce genre d’informations quand je regarde le JT ? Est-ce qu’il correspond à ma conception de ce qu’est une information ? La fonction citoyenne des médias n’est-elle plus ? Qu’est-ce qui conditionne une telle sélection de l’information ?

Comment l’info est-elle sélectionnée ?

Avant de parvenir à nos yeux et nos oreilles, les informations passent par de multiples intermédiaires : les journalistes de « terrain » qui recueillent l’info, les agences internationales et nationales qui les centralisent, les chefs de rédaction sélectionnent les sujets et le journaliste chargé de mettre en scène l’info en fonction de la ligne éditoriale de son « canard ». Autant d’intervenants qui vont pratiquer la méthode de l’entonnoir et opérer un premier tri dans la masse d’information.
Vérité, objectivité, universalité…telles sont les bases de la déontologie du journalisme qui permettent de guider les médias. Or, les journalistes, bien qu’ils tentent d’être le plus neutre possible, restent des hommes. L’objectivité totale n’existe pas : le fait de rendre compte, comprendre et d’interpréter une information, c’est déjà reconstruire la réalité et donc, en quelque sorte, la déformer… Le « consommateur » joue aussi une part importante dans les choix faits par les médias... Dans une société où tout va de plus en plus vite et où le sensationnalisme a une place prépondérante, les médias adoptent d’autres critères qui répondront aux attentes et aux désirs de ses destinataires : le principe du mort-kilomètre [1], l’identification [2], l’originalité, l’insolite…

Une trop grande pression économique ?

L’économie dirige de plus en plus notre société et les médias n’y font pas exception. De plus, avec les nouveaux canaux de communication tout va très vite ; il faut servir l’info le plus rapidement possible. On assiste à une course de plus en plus effrénée au scoop, au sensationnel, bref, ce qui fera vendre et rentrer de l’argent dans les caisses… Cette marchandisation de l’information pourrait donc donner lieu à une certaine autocensure pour causes économiques : souvent, les sites web des médias publient l’info des agences de presse avant qu’un journaliste ne la retravaille.

Et la publicité dans tout ça ?

Environ 80 % des ressources financières d’un journal viennent de la publicité et des actionnaires. Les responsables marketing ont donc un certain poids et on pourrait se poser la question du conditionnement de l’information soumis à la pression des groupes commerciaux qui visent un public bien précis. En outre, les encarts publicitaires sont insérés avant les articles et déterminent leur emplacement et leur longueur ! Il devient de plus en plus délicat de ne pas froisser les annonceurs… Cependant, il est à noter que la pub permet aussi la viabilité des médias et donc leur pluralité. Or, ce principe garantit la démocratie en limitant la censure, notamment des États. En outre, en Belgique, il existe un code d’autorégulation publicitaire dans lequel les journaux s’engagent à diffuser des publicités qui respectent certains principes idéologiques.

Et la fonction citoyenne dans tout ça ?

Le citoyen responsable doit pouvoir prendre position, critiquer, faire des choix… et donc s’informer ! Cependant, la sélection des informations dans un journal, les enjeux économiques auxquels il est soumis, la subjectivité naturelle du personnel qui en fait partie ont une influence sur la manière dont est choisie et présentée l’information Ces différents filtres peuvent donner l’impression d’une transformation très importante… voir une déformation ? Doit-on donc accuser les journaux de ne pas remplir sa mission citoyenne ? La réponse à cette vaste question semble difficile à donner.
Il est vrai que les médias ne peuvent rendre compte de la totalité des informations et doivent faire des choix, qui sont de plus en plus soumis à la pression économique (la disparition de la presse militante est due aux contraintes financières). Néanmoins, dire que les journaux sont responsables de la « décitoyennisation » de la société semble un raccourci vite fait… N’est-il pas du devoir du CRACS de diversifier ses sources, recouper les informations et mener un véritable travail d’investigation s’il ne veut pas prendre l’information pour argent comptant ? D’autant plus que, dans notre société hyper médiatisée où les mines d’informations ne manquent pas.
N’est-il pas possible de faire des recherches rapidement et lire des points de vue venant de différentes sources ?

La seule certitude, c’est que « les journaux n’auront jamais de fonction citoyenne que dans la mesure où nous les abordons avec un œil citoyen » (Michel Boumal).

Guillaume Hannecart
Animateur pédagogique
guillaume.hannecart@resonanceasbl.be

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26/08/2011

La sexualité est omniprésente dans notre société à travers la publicité, la télévision ou internet. Les médias en général sont une vitrine facilement accessible aux plus jeunes. Quelles références sont mises en valeur pour nos jeunes ? Sont-ils en danger comme le prétendent certaines études ? Sont-ils surexposés à la sexualité ?

Les stéréotypes sexuels présents dans les publicités, les médias ou sur Internet se répandent également chez les plus jeunes voire les très jeunes. Les images véhiculées dans la société médiatique entre autre renvoient de plus en plus souvent à des attitudes, des poses à connotations sexuelles. Cette question a été soulevée récemment dans plusieurs quotidiens, dans la Libre Belgique, et dans le Soir.

Ce phénomène, appelé hypersexualisation a tendance à se développer. L’hypersexualisation se définit, selon une étude du Crioc, comme le fait de "donner un caractère sexuel à un comportement ou un produit qui n’en a pas en soi. C’est un phénomène de société selon lequel de jeunes adolescents adoptent des attitudes et des comportements sexuels jugés trop précoces". Concrètement, les exemples ne manquent pas ces derniers temps : publicités provocantes, photographies ou défilés de mode où de très jeunes filles posent en tenue sexy, sous-vêtements et bikinis rembourrés pour fillettes de 7-8 ans. Ces techniques de marketing poussent les jeunes à consommer ce type de produits, ou du moins tentent de les influencer. Les médias ne sont pas en reste puisque s’étalent dans les magazines et autres clips vidéos, des poses suggestives que les plus jeunes imitent, sans y percevoir, parfois, la connotation sexuelle.

Concrètement, ça se manifeste comment ?

D’abord dans la tenue, les vêtements sont les principaux indices de cette sexualisation effrénée. Ils mettent en évidence et de manière suggestive certaines parties du corps comme un décolleté, des t-shirts moulant ou décorés de phrases aguichantes, un pantalon taille basse laissant entrevoir le sous-vêtement ou le nombril. Elle se reflète aussi dans l’utilisation d’accessoires et de produits, maquillage, bijoux, sacs à main, talons hauts, faux ongles, tatouages et autres piercings. Ceux-ci renforcent certains traits ou dissimuleraient les défauts.

De plus, l’hypersexualisation met en exergue les transformations du corps comme l’épilation et la musculation entre autre. Ce phénomène renvoie également à certaines attitudes. Par exemple, une façon de se tenir qui peut être perçue comme de la/une disponibilité sexuelle.

Comment y réfléchir ?

On n’insistera jamais assez sur l’importance du dialogue des parents avec leurs enfants mais pas seulement. Dans nos OJ, les animateurs sont parfois, en l’absence de grand(e) frère/sœur, cousin, voisin, les « seuls grands » que l’adolescent connaît et en qui il a confiance. Ces questions, on le sait, sont délicates à aborder et nous mettent parfois mal à l’aise.

Cependant, il est important d’éviter de construire des tabous autour de la sexualité et de parler simplement des valeurs personnelles qui nous sont chères pour leur proposer quelques points de repères dans un domaine où leur curiosité est naturelle. En effet, les jeunes pour se construire ont besoin de limites proposées par leur famille ou leur entourage que ce soit à l’école par leurs pairs ou leurs professeurs, ou encore leurs animateurs en OJ.

Une démarche complémentaire vise à positiver le dialogue sur la sexualité. On peut commencer par parler des sentiments, de la rencontre avec l’autre sexe et des émotions que ces relations suscitent. Nous avons tendance lorsque nous communiquons sur la sexualité à l’aborder sous l’angle des risques (MST, sida, pilule, porno). Il ne faut pas oublier que la sexualité relève avant tout d’un acte d’amour, pas d’une prouesse technique ou physique. Saluons au passage cette exposition ludique, "Zizi sexuel, l’expo" déclinée en site Internet, qui permet d’aborder sans détour le thème de la sexualité avec les plus jeunes.

Ces différents axes peuvent aider nos jeunes à connaître leurs besoins, leurs désirs mais aussi à répondre à leurs préoccupations. La finalité reste de leur apprendre à se respecter et à oser s’affirmer, également dans leur différence.

Les médias, Internet ou la publicité fonctionnent de manière insidieuse, ils proposent des images formatées de la réalité. Notre rôle consiste à apprendre aux jeunes à décoder les messages cachés et à décrypter dans ces images ou les comportements présentés, les connotations sexuelles. Toutes ces actions ont pour but de permettre aux jeunes de se sentir bien dans leurs baskets et d’éviter de renvoyer une image qu’ils ne maîtrisent pas.

Anne-Lise Mallia
Chargée de projet au CJC
almallia@cjc.be

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