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Selon nous
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26/01/2012

Selon une étude du sociologue Jan Hertogen, 623.000 Belges seraient musulmans, soit 5,8 % de la population. Pourtant, les musulmans ne reçoivent que 2,1 % des fonds publics attribués aux cultes [1]. Comment expliquer une si grande disparité ?

La loi sur le financement des cultes remonte en Belgique à l’indépendance. En 1830, seuls trois cultes étaient alors reconnus par l’État : le culte catholique dans lequel se reconnaissait alors plus de 90 % de la population, le culte protestant et le culte israélite. Chacun de ces cultes recevait une dotation annuelle qui lui était attribuée en raison du service social prodigué aux fidèles et, pour l’Église catholique, à titre de compensation suite aux confiscations qu’elle avait dû subir à l’occasion de la Révolution française.

Les évolutions que connaîtra notre pays vont l’amener progressivement à étoffer la liste des bénéficiaires de la loi sur le financement des cultes : anglicans, musulmans, orthodoxes et laïcs. Tous seront soumis aux mêmes conditions, qui sont les suivantes : ils doivent pouvoir revendiquer un nombre suffisamment élevé d’adhérents, être établi dans le pays depuis un certain temps, présenter un intérêt social pour la collectivité, n’avoir aucune activité contraire à l’ordre public et être structuré, de manière à avoir un organe représentatif auprès de l’autorité civile.

Cette dernière condition qui n’avait jamais posé de problème aux catholiques, puissamment hiérarchisés, a toujours été difficile à remplir pour les autres cultes. Les musulmans sont en effet, à l’inverse des catholiques, divisés en mouvements et confréries entre lesquelles le ressentiment est parfois puissant. L’État, en faisant l’impasse sur ces particularismes et en leur imposant de s’unir pour être financés, va à l’encontre de plusieurs siècles de tradition. Et en effet, presque 15 ans après l’élection du premier Exécutif des musulmans de Belgique, ce dernier est toujours dans la tourmente. Incapables de s’entendre entre eux alors qu’ils ne disposent pas de l’expérience des protestants et des juifs confrontés aux mêmes problèmes 175 ans plus tôt, craignant l’ingérence de l’État dans les affaires de leur culte, ses membres sont en outre l’objet de la suspicion d’un État qui craint plus qu’il ne connaît sa population musulmane. C’est le pourrissement de cette situation qui explique la lenteur avec laquelle les pouvoirs publics procèdent au financement du culte musulman. Annemie Turtelboom, nouvelle ministre en charge des cultes, sera-t-elle capable de rétablir le dialogue ou d’apporter des propositions innovantes pour rattraper ce retard ?

Dans ce contexte, certains n’hésitent pas à remettre en cause l’édifice tout entier du financement des cultes et à avancer l’idée d’un impôt dédicacé. Chaque citoyen aurait la possibilité d’indiquer sur sa feuille d’impôt quel culte ou institution de la laïcité, voire quelle organisation caritative, il aimerait financer. Étant donné l’état actuel de la pratique religieuse, bien éloigné des modèles traditionnels, cette proposition pourrait fondamentalement changer la donne [2]. Le débat reste ouvert.

Nicolas Bossut
Pax Christi Wallonie-Bruxelles
nicolas.bossut@paxchristiwb.be

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20/01/2012

Le monde financier n’a pas fini de faire parler de lui. Après la crise financière et ses multiples conséquences, une étude révèle que certaines banques dont les banques belges Dexia et KBC participent à la spéculation sur les denrées alimentaires ou le rachat massif de terres cultivables. Ces procédés posent question et nous interpellent.

Accaparements de terres dans les pays du Sud et spéculation sur les produits alimentaires ont le vent en poupe depuis plusieurs années. Les banques belges Dexia et KBC y participent selon une étude de Friends of The Earth Europe.

Des acteurs de la finance privée en Europe, comme les banques, les compagnies d’assurances et les fonds de pension, aggravent la faim et la pauvreté dans le monde en spéculant sur les denrées alimentaires et en finançant les accaparements de terres dans les pays les plus pauvres. C’est la conclusion à laquelle arrive l’étude « Farming Money : How European banks and private finance profit from food speculation and land grabs » publiée par l’ONG Friends of the Earth Europe en janvier 2012. [3]

Cette étude analyse les investissements et les activités de 29 entreprises européennes. Deux banques belges sont citées : DEXIA et KBC. La première semble s’être spécialisée dans la spéculation boursière sur les denrées alimentaires et d’autres matières premières. La seconde, quant à elle, alors qu’elle est proche historiquement du Boerenbond, la principale organisation agricole flamande, est surtout active dans le financement d’entreprises procédant à des rachats massifs de terres cultivables en Europe centrale et orientale. Rappelez-vous d’ailleurs cette publicité de KBC qui avait fait scandale en 2008 : « Retournez la hausse des prix des produits alimentaires à votre profit ! » Sous-entendu : investissez donc dans notre produit financier.

Un panier rentable pour le spéculateur …

Ces pratiques ne sont pas marginales. Selon les chiffres de Lehman Brothers, le volume de la spéculation par les Commodity Index Funds a augmenté de 1900% entre 2003 et 2008. Lesdits Commodity Index Funds sont en fait des fonds qui investissent dans des produits financiers dérivés basés sur des paniers de matières premières, liés surtout au pétrole et aux denrées alimentaires.

Ces fonds permettent à tous les « investisseurs » de profiter de la tendance haussière de ces « actifs sous-jacents ». Puisqu’il s’agit de produits dérivés, donc de promesses d’achat, de vente ou d’échange purement dématérialisées, les investisseurs ne doivent pas se préoccuper de réceptionner, stocker et livrer physiquement les produits en question. En outre, ils ne doivent consacrer que peu d’attention à suivre tel ou tel marché, car le produit financier est basé sur un indice boursier représentant un panier de produits, dont on peut supposer que la tendance générale à la hausse ne sera pas compromise par de quelconques péripéties sur tel ou tel marché déterminé.

… mais moins pour la ménagère

A l’occasion des tentatives de re-réglementation des marchés en Europe comme aux Etats-Unis, le débat sur l’effet véritable de cette effervescence spéculative sur la volatilité des prix agricoles s’enflamme, les financiers préférant rejeter la faute sur les « fondamentaux » du marché agricole : réchauffement climatique, augmentation de la demande en viande des pays émergents, détournement vers les agro carburants d’une partie croissante de la production etc.. Ce qui est certain, cependant, c’est que la finance dégage des profits importants en investissant massivement le secteur. Et il est probable que ce soient les consommateurs - y compris les populations plus pauvres de la planète - qui paient ainsi l’addition. La loi de l’offre et de la demande fait qu’une hausse de prix conduit normalement à une baisse de la demande, mais la demande de produits agricoles est peu élastique : spéculez et faites monter les prix, la demande restera solide, pour la bonne et simple raison que les gens doivent continuer à se nourrir. La faim est donc bel et bien le seul avantage concurrentiel de la spéculation sur les denrées alimentaires !

L’accaparement de terres fonctionne sur base des mêmes théories, mais ce qui change c’est l’objet de l’investissement : pourquoi acheter des produits financiers dérivés du blé ou du riz quand on peut aller à la source et acheter directement les terres ? Ceci explique pourquoi pas moins de 50 millions d’hectares - 16 fois la superficie de la Belgique - auraient fait l’objet de transactions de ce type à l’échelle mondiale, rien qu’entre 2006 et mi-2009. Le phénomène affecte d’abord les pays d’Afrique mais aussi d’Asie, d’Amérique latine et même d’Europe de l’Est et d’Europe centrale.

Antonio Gambini
Chargé de recherche & plaidoyer
Financement du développement
antonio.gambini@cncd.be

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13/01/2012

Lors d’un recensement en Tchéquie au printemps 2011, 15 070 personnes ont répondu appartenir à la religion… des Jedi de la Saga Star Wars ! Les geek seraient-ils plus nombreux qu’on le pense ? George Lucas se serait-il basé sur une religion existante pour fonder celle des héros de ses films ?
Cette réponse particulière lors d’un recensement officiel à de quoi nous interpeller. Qu’est-ce qui pousse ces tchèques à s’identifier à cette religion imaginaire tirée de la saga Star Wars plutôt qu’à une religion officielle ?



Contrairement à ce qu’en pensent certains, ce ne sont pas les dons de télékinésie ou la capacité de persuasion qui les intéresse, mais les valeurs véhiculées par les sages Chevaliers Jedi. Ce n’est donc pas la forme, mais le fond qui les attire.

Or ces valeurs sont les mêmes que celles du christianisme : paix, respect des autres, maîtrise des sentiments, non-violence, survie personnelle après la mort. Certains enseignements de Yoda, maître Jedi, sont d’ailleurs proches de ceux de la Bible. Il décrit le « Côté Obscur » comme plus facile, plus rapide, plus séduisant. La colère et la peur y mène.

A la recherche de sens ?

Il semble donc que la religion ne réponde plus aux enjeux de la société, ne donne pas de réponse adéquate aux questions de ceux qui cherchent à trouver un sens à leur vie. Les institutions religieuses s’enferment dans leur tour d’Ivoire. De là, elles délivrent des messages qui ne sont pas compris ou qui semblent décalés pour ceux à qui ils s’adressent.

A l’opposé, les Jedi sont sur le terrain, intégrés à la vie et au fonctionnement de la société dans laquelle ils vivent. Comme l’étaient les prêtres il y a quelques années ? La fiction nous propose en tout cas des personnages réalistes qui partagent notre vécu quotidien, nos problèmes et nos angoisses.

De plus, ce chiffre de 15.000 personnes, dont l’importance non négligeable s’explique en partie par un mouvement initié sur les réseaux sociaux au moment du recensement, n’est que la partie immergée de l’iceberg. Plus de 700.000 personnes se sont déclarées croyantes, mais ne se sentir appartenir à aucune organisation religieuse.

La problématique est ici clairement exprimée : les religions officielles ne rencontrent pas les croyances de ceux qui recherchent une spiritualité. Où trouvent- ils alors leur point de repère ?
En termes de valeurs, la littérature et le cinéma nous offrent des références parlantes, dans lesquelles nous pouvons nous identifier.

Ce qui distingue le Super-Héros du Super-Méchant, ce sont les valeurs !

La manière dont ils ont acquis leurs pouvoirs est fréquemment similaire : accident, mutations génétiques, exposition à des substances ou rayonnements, ….
Mais les Héros ont reçu, par leur éducation, des valeurs qui les amène à suivre un code de conduite chevaleresque, comme protéger les plus faibles, faire régner la justice, voire sauver le monde.
Tandis que les Méchants vouent leur vie à la vengeance et la destruction par manque de raison de vivre, de compassion, de compréhension du monde qui les entoure. S’il ne faut retenir qu’une phrase, c’est celle de l’oncle de Peter Parker, alias Spiderman : « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ».
Ce genre de valeurs positives inculquées aux ‘gentils’ et que n’ont pas reçues les ‘méchants’ permettent aux premiers de développer une morale très forte qui leur donne une véritable conduite de vie... et en font des héros. A l’opposé, les méchants poursuivent des buts égoïstes et individuels, quand ce ne sont pas des buts liés au chaos et à l’anarchie.

Des valeurs qui nous guident

Les personnages de fiction nous donne donc des exemples de valeurs qui nous permettent de grandir, de nous construire de faire des choix en regard d’un modèle de conduite positive, ou par opposition à un modèle négatif. Il est interpellant que ces repères que l’on pouvait auparavant trouver dans la religion le sont aujourd’hui dans la fiction, qu’elle soit écrite ou visuelle. La recherche de sens et de repères mène à puiser dans un imaginaire commun.

Le choix de la religion, comme beaucoup d’autres, est donc à poser en connaissance de cause ! Sachons être critique et informons nous avant de foncer tête baissée dans l’adoption d’une croyance dont les valeurs de base sont floues ou obscures. C’est peut-être ce qui distingue le croyant du fanatique : le croyant adopte une religion en accord avec ses valeurs, alors que le fanatique suit les préceptes d’une religion et en adopte les valeurs sans prendre de recul.

Soyons des héros du quotidien en faisant les choix qui nous mène du bon côté de la Force, heu... de la vie !

Cédric De Longueville
Permanent pédagogique –Resonance ASBL
cedric.delongueville@resonanceasbl.be

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23/12/2011

Le Time vient de désigner comme personne de l’année 2011 « le manifestant » (qui succède ainsi à Mark Zuckerberg en 2010). Une façon de rendre hommage aux révolutionnaires dans les pays arabes, mais également au mouvement des indignés. L’occasion de nous arrêter sur ce droit de manifester, cher à notre démocratie, mais qui n’est pas sans devoirs…

2011 : une année citoyenne

De la Grèce, en passant par l’Espagne, les Etats-Unis (Occupy Wall Street), la Syrie, l’Egypte ou encore la Tunisie, les manifestants étaient sur tous les fronts en 2011.
«  Personne n’aurait pu savoir que lorsqu’un vendeur de fruits tunisien s’est immolé par le feu, il déclencherait des manifestations qui mèneraient à la déchéance de plusieurs dictateurs et lancerait une vague mondiale de la dissidence. En 2011 les manifestants n’ont pas seulement exprimé leur insatisfaction, ils ont changé le monde. »(Le Time)
Le manifestant fait donc figure de héros citoyen, solidaire et acteur de changement. Dans un monde agité, manifester est parfois la seule « arme » des citoyens pour se faire entendre par les autorités politiques, économiques ou sociales.

Pas que des héros cependant…

Suite aux récentes manifestations dans le quartier Matonge, ou à certaines dérives de manifestations syndicalistes, une question se pose : le manifestant est-il toujours ce héros décrit par le Time ? Force est de constater qu’au départ d’une saine revendication citoyenne, les comportements barbares de certains manifestants se révèlent bien loin de l’idéologie démocratique. Ainsi ces manifestations qui se transforment en bain de violence et donnent l’occasion à certains « casseurs » de s’adonner, en toute impunité, à leurs méfaits ; ou encore ces manifestants qui profitent du motif de rassemblement pour organiser des festivités bibitives dont les « résidus » hantent les quais de gare en fin de journée… L’image du manifestant s’en retrouve dès lors entachée, au détriment de ceux qui exercent ce droit pour faire évoluer la société.

Sensibiliser n’est pas imposer

Pour le manifestant, il s’agit de faire entendre sa voix pour marquer son désaccord et faire en sorte que les autres citoyens prennent conscience de ce qui le préoccupe. Malheureusement, les moyens se résument souvent à prendre en otage les travailleurs, les étudiants, les navetteurs, les automobilistes, etc. Résultat : au lieu de mobiliser la population, le manifestant se la met à dos ! Cherchons plutôt à sensibiliser en provoquant le sourire, en interpellant sainement ! Cela demande évidemment plus de créativité, mais cela vaut la peine.

Pourquoi ne pas proposer une journée de transports gratuits pour les navetteurs plutôt que de leur gâcher leur journée ? Ou organiser un flashmob, distribuer des objets symboliques, recouvrir le ministère de mousse, le décorer pour que les médias parlent de cette action et que le message soit transmis aux citoyens… Il y a certainement autant à gagner si pas plus, à se montrer créatifs et déterminés ! L’important est de mobiliser et de conscientiser ses concitoyens, pas de leur rendre la vie infernale.

Les 10 commandements du manifestant qui change le monde

1) En connaissance de cause, ta voix tu feras entendre
2) Avec des propositions constructives, tu viendras
3) Par la violence destructrice, jamais, tu ne t’exprimeras.
4) Dans l’intérêt de la collectivité, tes opinions tu exprimeras
5) Sans prendre leur vie en otage, les autres tu sensibiliseras
6) Avec dignité en toute circonstance, tu te comporteras
7) Par le dialogue, les conflits agressifs tu résoudras
8) Avec force et conviction, le changement tu sèmeras
9) Par une saine provocation, tu interpelleras
10) Ton sens de la créativité, au service de la cause tu mettras

Le monde évolue et chacun peut faire tourner le vent dans le sens qu’il estime le plus juste pour notre société. Veillons toutefois à ce que nos voix retentissent avec et pour le bien de tous, dans le respect mutuel et l’envie de construire ensemble un monde meilleur, un monde de CRACS en somme ! Joyeux Noël !

Nathalie Flament
nathalie.flament@resonanceasbl.be

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16/12/2011

Pas toujours facile de trouver les cadeaux de fin d’année. Entre les pubs de jouets, les derniers gadgets à la mode, l’envie de faire plaisir et la crise économique, le cœur, le porte-monnaie et les vitrines sont déchirés dans une équation inégale. Et encore davantage quand on creuse sur les conditions de production des jouets. AchACT s’est penché sur le cas de Mattel ; combien faut-il de travailleurs exploités pour faire une Barbie bling-bling ?

La télévision se transforme systématiquement en lavage de cerveaux pour enfants de la mi-novembre au Nouvel An. À coups de couleurs vives, de messages on ne peut moins subliminaux, les réclames du petit écran martèlent nos rétines d’appels à la dépense. En première ligne de mir, les enfants, à l’aide des grandes franchises à succès des consommateurs en culottes courtes. Entre Bob l’Eponge, Dora l’exploratrice et l’indétrônable Winnie the Pooh, les objets se multiplient à l’envie ! AchACT a analysé un rapport concernant Mattel, la plus grosse entreprise du secteur et surtout les usines à qui sont sous-traitées les productions des jouets.

En effet, China Labor Watch, une ONG chinoise basée à Hong-Kong, a publié des résultats d’enquête en novembre 2011. Les données sont accablantes sur la durée du temps de travail dans les usines, à raison de 11h par jour, 6 jours sur 7. De plus, les salaires sont très bas à cause d’exigences de production drastiques... et utopiques ! Conséquence : à chaque retard ou manquement, les travailleurs subissent amendes ou sanctions. Plus effrayant encore, les employés doivent demander la permission pour aller aux toilettes ou boire un verre d’eau, et pas toute l’usine en même temps ! En plus, chaque ligne d’assemblage a son heure de permission, il faut donc attendre son tour.

Les multinationales profitent de la sous-traitance de firme en firme pour se dégager de la responsabilité liée à la production. Il y a quelques années, l’industrie textile avait été pointée du doigt pour l’exploitation d’enfants (Gap, Tommy Hilfiger ), et les usines IT comme Apple, malgré des conditions de travail de rêve pour les ingénieurs et les cadres, ne traitent pas mieux les ouvriers qui n’ont pas la chance de profiter de la vie de la Silicon Valley. De nombreuses ONG militent pour une plus grande transparence sur les processus de production et les conditions contractuelles qui lient les entreprises entre elles. Localiser la production dans des pays où la main-d’œuvre est nombreuse, et ne bénéficie pas de syndicats de travailleurs avec une véritable concertation sociale, permet de réduire considérablement les coûts et éviter la grogne. Pourtant, cette dernière serait bien justifiée compte-tenu des larges brèches opérées dans le respect des travailleurs !

Un certificat ?

Le Conseil International de l’Industrie du Jouet, ICTI, octroie des certifications aux usines, garantissant que ces dernières ont des pratiques d’emploi honnêtes dans l’industrie du jouet, via son programme CARE. Les fabricants et distributeurs s’engagent également à respecter une éthique de production. En théorie ! En pratique, il n’y a aucune transparence car la fédération ne publie ni les rapports d’audits, ni la liste des fournisseurs pour chaque marque et distributeur.

Les organismes internationaux doivent assurer ce rôle de garde-fous et doivent ouvrir leurs analyses au grand public. Des certificats sont une première étape, qui même imparfaite constitue un premier pas. Les ONG qui travaillent sur ces thématiques apportent une expertise et une vigilance. Prenons conscience que nos gadgets, les objets de consommation qui peuplent notre quotidien ne sont pas toujours fait dans le respect du quotidien d’autrui. Soyons CRACS, devenons conscients !

Laetitia Vignaud
Chargée de communication
lvignaud@cjc.be

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