
Plus de 900 dauphins ont trouvé la mort au large des côtes péruviennes au cours de ces quatre derniers mois. Le même sort touche les pélicans : en deux semaines 1500 d’entre eux ont péri. Quelles sont les raisons de ces pertes massives ? Les spécialistes affirment ne pas trouver de réponse. Ne feignent-ils pas l’ignorance ?
Plages interdites
Le ministère de la santé péruvien a institué un état d’alerte sanitaire : le drapeau rouge a désormais trouvé sa place sur les plages péruviennes. Il est en effet vivement conseillé à la population de s’abstenir de se rendre sur les plages dans la région de Lima et du littoral au nord du pays tant que les causes de ces événements ne seront pas clairement identifiées. La consommation de poisson cru est également déconseillée.
Absence d’explication ou refus de verdict ?
Après moult analyse, les scientifiques ne proposent aucune explication alors que cette absence de prise de position suscite l’indignation : "C’est incroyable que l’Institut de la mer (qui dépend du ministère de la Pêche) ne se prononce pas sur la mort massive de pélicans et de dauphins", a affirmé Carlos Bocanegra, un biologiste réputé de l’Université de Trujillo.
De nombreuses hypothèses
Des éléments d’explication voient le jour. Cependant, ils sont formulés de manière prudente en raison des puissants lobbys des exploitations pétrolières et de la pêche. L’ORCA (Organisation scientifique pour la conservation des animaux aquatiques) identifie les compagnies pétrolières de la zone comme responsables : les bruits liés aux explorations affecteraient les cétacés victimes « d’impact acoustique ». L’ancien ministre de la santé Uriel Garcia, quant à elle, dénonce « la pêche excessive » de l’anchois qui engendrerait la famine chez les pélicans.
Dont le changement climatique et un virus
Abraham Levy, expert en météorologie, explique ces faits par le réchauffement des eaux du Pacifique : « Le réchauffement de la mer altère la chaîne alimentaire, qui est complexe et qui commence par le plancton pour se terminer avec les oiseaux marins d’un côté et les mammifères marins de l’autre", a-t-il expliqué à l’AFP.
D’autres infirment ces différents postulats en liant ces morts à un virus potentiellement dangereux pour l’humain (le biologiste allemand Stefan Austermühle pour l’AFP).
Responsabilité partagée
Considération faite des pistes formulées ci-dessus, une question se pose : ne sommes nous pas tous responsables de cet état de fait ? Certes, les politiques endossent une lourde part de responsabilité : la possibilité de produire du carburant à partir de matières organiques n’est pas une utopie et pourtant… Nous y contribuons également par notre désir de consommer certaines espèces identifiées en « voie de disparition » : les anchois le sont, tout comme les thons, pour lesquels ils servent d’appât. La biodiversité marine subit des dommages de plus en plus perceptibles, il est donc temps de s’en inquiéter !
Ébranlement de nos certitudes
Longtemps nous avons pensé que la terre nous était acquise, que rien ne pouvait menacer l’espèce humaine. À présent, de nombreux voiles se lèvent dénonçant l’exploitation outrancière des ressources naturelles tout en évoquant de réels dangers pour l’homme. Cette prise de conscience doit, dès aujourd’hui, croître et devenir collective. Comment ? En s’inscrivant dans une démarche CRACS, nihiliste d’une société inscrite dans un processus de consommation intensive.
Aujourd’hui pélicans et dauphins… Demain l’être humain ? « Aucune espèce n’a de passeport pour l’éternité ». (John Sparks , écologiste)
Florence Vandesteene
Permanente pédagogique
florence.vandesteene@resonanceasbl.be
Toute personne qui souhaite vendre ou louer un bâtiment résidentiel existant doit être en possession d’un certificat de performance énergétique valable. Objectif : faire rénover les logements disponibles arrivant sur le marché et lutter contre l’insalubrité et les fuites énergétiques. Mais tout le monde est-il sur un pied d’égalité pour le faire ? Cette obligation supplémentaire, sous un objectif louable, fait-elle peser un poids supplémentaire sur les vendeurs et bailleurs ?
Éviter les consommations d’énergie inutiles est un cheval de bataille que de nombreuses institutions enfourchent gaillardement. Qui n’a pas reçu des jolies étiquettes à coller sur frigo, fenêtre, porte ou prise électrique pour limiter aussi bien sa consommation d’énergie que les fuites calorifiques ? Associations, autorités, et fournisseurs d’énergie martèlent un message plus ou moins similaire en la matière. Faire des efforts pour réduire sa consommation énergétique apporte des bénéfices à chacun pour réduire sa facture (et la satisfaction de réduire son empreinte écologique !) D’ailleurs, demain c’est l’Earth Hour, l’occasion de réduire collectivement notre consommation d’énergie !
Soutiens à la rénovation
La région wallonne et la région bruxelloise offrent des primes à l’énergie pour aider au renouvellement d’un matériel vétuste et inefficace. La suppression des incitants économiques fédéraux a provoqué quant à elle, une levée de boucliers à l’automne dernier, les arguments portant aussi bien sur les enjeux pour le consommateur (la sensibilisation aux enjeux environnementaux portée par des avantages économiques) que ceux de ces nouvelles entreprises du secteur économiques (réduction de la demande pour ces installations pour des entreprises créées en Belgique récemment).
Ne pas transmettre de logements énergivores ?
Toute personne qui souhaite vendre ou louer un bâtiment résidentiel existant doit être en possession d’un certificat de performance énergétique valable. Cette mesure est d’application en Belgique depuis plus de deux ans maintenant. En France, les candidats à l’élection présidentielle ont été sollicités à ce sujet et François Hollande a énoncé vouloir interdire la vente de logements mal classés selon le certificat. Mais imaginons la situation suivante : une personne en grande difficulté financière est propriétaire d’un bien immobilier et ne peut donc pas émarger au CPAS en tant que telle. Elle n’a évidemment pas les moyens de rénover le logement… comment le vendre ? C’est un cercle vicieux ! Avant de faire peser des obligations démesurées sur les citoyens, il est indispensable de concevoir si les demandes sont réalisables par tous, et si ce n’est pas le cas, prévoir un accompagnement et un soutien. Certes, il faut faire en sorte de bannir les logements insalubres, mais sans pour autant en empêcher la leur vente totale.
Au-delà des conditions contractuelles de vente, il s’agit surtout de précarité énergétique. Il n’y a pas de définition unique dans l’Union Européenne de la précarité énergétique. Sont en cas de précarité énergétique les personnes ne remplissant pas leurs besoins fondamentaux d’énergie et de confort à cause de bâtiments mal insolés et ou à cause des prix des ressources énergétiques. Pourtant, le droit à l’énergie est inscrit dans la Constitution belge à l’article 23, qui institue le droit à disposer d’un logement décent comme condition essentielle à la dignité humaine.
Cette notion a été analysée par une étude commune entre le centre « Ongelijkheid, Armoede, Sociale Uitsluiting en de Stad » de l’Université d’Anvers en collaboration avec le « Centre d’Etudes Economiques et Sociales de l’Environnement » de l’Université libre de Bruxelles. « La précarité énergétique est uniquement un problème sociétal et mérite donc une action collective lorsqu’elle est liée à des conséquences négatives pour (de grands groupes de) la société, notamment lorsque la précarité énergétique sape la qualité de la vie sociale ou en menace le fonctionnement. »
Il est crucial aujourd’hui de faire le lien entre la politique du logement, des primes à l’énergie et le bien-être salubre de chacun. Un premier pas demain ?
Laetitia Vignaud
Chargée de communication
lvignaud@cjc.be
Le CJC relaie la carte blanche publiée dans le Soir du 23 février, dont il appuie le message. Nous prônons l’encadrement et la prévention autour de la jeunesse, la confiance plutôt que la dénonciation. De nombreux acteurs du secteur de l’enfance et aussi bien les associations de jeunesse liées aux loisirs que les institutions expertes dans l’encadrement, œuvrent au quotidien pour connaître les jeunes, comprendre leurs angoisses et l’environnement dans lequel ils évoluent. Nous souhaitons également éduquer les jeunes aux responsabilités engendrées par les propos tenus sur le net et non encourager un anonymat défouloir, ainsi que défendre la liberté de se déplacer des jeunes.
L’affaire des enfants disparus (Julie, Mélissa, Ann, Eefje…) provoqua un électrochoc qui modifia de nombreuses pratiques, notamment en matière policière, judiciaire... Même si l’accueil aux victimes mérite encore des efforts, on ne peut que se réjouir des avancées qui ont vu le jour.
Dans la foulée de ces événements, fut créé Child Focus, organisme chargé d’intervenir en cas de disparition ou d’exploitation sexuelle d’enfant. Il est temps aujourd’hui d’évaluer la pertinence de cette fondation largement financée par les pouvoirs publics.
Déjà à l’époque, plusieurs experts faisaient remarquer qu’heureusement les disparitions d’enfants étaient rarissimes tout comme leur exploitation sexuelle. Et que mettre ainsi le focus sur les circonstances les plus extrêmes risquait de masquer les situations de maltraitance de l’enfant dans son milieu de vie , hélas nettement plus courantes et bien connues des intervenants chargés de venir quotidiennement en aide aux familles. Et là, bien souvent, il ne s’agit pas d’affronter un pervers démoniaque, mais de faire face, avec tact, à une complexité où viennent se combiner des aspects de santé mentale, de fragilité sociale, de précarité... Travail mené quotidiennement, dans la discrétion, depuis de nombreuses années par de multiples intervenants de l’aide à l’enfance et à la jeunesse.
Fort de son image, Child Focus en vint alors à étendre son champ d’action. Des disparitions d’enfants on s’occupa des fugues ou des rapts parentaux. Mais ces problématiques n’ont rien de commun et la multiplication des « cas » à traiter laisse penser à un grand nombre d’enfants « disparus » .Voilà de quoi entretenir l’angoisse des parents déjà inquiets.
De l’exploitation sexuelle, il fut ensuite question des dangers d’Internet. Et plutôt que d’encourager les familles à s’emparer d’Internet comme d’un outil de connaissance et de découvertes, ses dangers furent mis en avant. De risques il en existe certes ; mais ils sont probablement plus le fait de firmes prédatrices de nos données personnelles que de prédateurs sexuels.
Dans la foulée, on peut s’interroger sur cette récente alerte tous azimuts où une femme en difficulté vit le numéro de sa plaque minéralogique, son nom ainsi que d’autres informations lancées à la curiosité du public. Pas sûr que la solidarité à son égard ait été renforcée !
Mieux encore, Child Focus a annoncé récemment qu’il avait élargi la notion d’exploitation sexuelle à tout abus sexuel d’enfant.
Toutes ces actions ont en commun d’être lancées sans aucune concertation avec les intervenants de terrain et de contribuer à un climat anxiogène qui ne vient pas en aide aux familles. Là où règne l’angoisse, la pensée s’efface. Cette absence de concertation est d’autant plus regrettable que, malgré quelques divergences, plusieurs acteurs de la fédération Wallonie-Bruxelles, dont certains signataires, ont eu à cœur de prendre part à plusieurs groupes de réflexion ou d’orientation ouverts par Child Focus. Ces acteurs sont toujours prêts à participer à la réflexion et à ouvrir un vrai dialogue sur ces questions sensibles.
Aujourd’hui, un pas de plus vient d’être franchi avec une campagne qui invite les jeunes qui seraient abusés à chatter avec Child Focus. Spots vidéos ou pages publicitaires présentent, par exemple, une jeune fille qui déclare « Je déteste quand papa vient dans mon lit la nuit. Mais surtout ne le dis à personne »
Cette action est dérangeante à plusieurs égards. D’une part, il s’agit, une fois encore, d’une campagne basée sur la peur et qui pousse à faire appel à un service anonyme, qui plus est via un chat internet et sans communication verbale, plutôt que d’aider le jeune à trouver à qui parler auprès d’un intervenant de proximité. C’est dans la relation que peut s’opérer un dévoilement d’abus, dans une relation effective qui permet, entre autre, d’éviter des risques de décompensation et d’assurer un suivi dans la durée. Des équipes SOS Enfants, des Services de l’aide à la jeunesse et autres services autour de la santé mentale existent pour assurer des prises en charge des cas de maltraitance et d’abus sexuels. Ces services occupent des centaines de professionnels - assistants sociaux, psychologues, juristes, médecins… - formés, encadrés, évalués.
D’autre part, on ne peut que regretter que les fonds européens soient à ce point mal utilisés. Plutôt que de mettre en valeur des services existants depuis des années, tels Écoute-Enfant, les équipes SOS-Enfant ou les services d’aide aux victimes, on voit l’irruption d’un nouveau dispositif dont la pertinence peut-être sérieusement questionnée.
A une époque où, plus que jamais, il est nécessaire de mettre en avant la solidarité et l’aide aux adultes dans le développement de leurs enfants, implanter des dispositifs de traque et d’appât isole chacun dans une paralysie de la pensée.
Dès lors, tant qu’il reste des doutes sur la pertinence des choix opérés dans cette campagne et de possibles conséquences négatives sur ceux qu’elle affirme vouloir protéger, nous demandons la suspension de la campagne « Chat : maintenantjenparle.be ».
Michel DECHAMPS, Président du Comité d’accompagnement de l’enfance maltraitée (CAEM)
Bernard DE VOS, Délégué général de la Fédération Wallonie-Bruxelles aux droits de l’enfant
Vincent MAGOS, Responsable de la Coordination de l’aide aux victimes de maltraitances
Thierry MOREAU, Directeur du Centre interdisciplinaire des droits de l’enfant (CIDE)
Jean-François SERVAIS, Association des Services droit des jeunes
Benoît VAN KEIRSBILCK, Président de Défense des Enfants International (DEI-Belgique)
Le Conseil de la jeunesse de la communauté française (CJCF) est élu. Il s’agit de l’organe d’avis officiel et de représentation des jeunes en Belgique francophone. Il doit porter la parole des jeunes et défendre leur intérêt en négociant directement avec les hommes et femmes politiques du pays. Il représente aujourd’hui 4.033 jeunes ! Ces jeunes ont voté tout au long du mois de novembre pour renouveler l’Assemblée Générale du CJCF ! C’est donc reparti pour deux ans de bons et loyaux services… mais au service de qui finalement ?
Le CJCF a pour vocation de représenter les 700.000 jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les 4.033 votes validés font pâle figure en regard du potentiel d’électeurs ou même des quelques 300.000 jeunes issus des 92 organisations de jeunesse reconnues par la Fédération Wallonie Bruxelles. Avant la réforme de 2009, le CJCF s’appelait CJEF et la jeunesse dite organisée était représentés de façon automatique en son sein. Aujourd’hui, l’élection de l’Assemblée générale (50 élus) se fait sur base de l’élection directe des jeunes.
En notre qualité de Fédération d’organisations de jeunesse, nous souhaitons réagir à ces élections. En effet, nous estimons que sous sa forme actuelle, le CJCF ne répond plus suffisamment à ses missions.
L’objectif du décret qui instaure le CJCF est de représenter les jeunes, tous les jeunes. Le président du CJCF est d’ailleurs appelé « Le Président des Jeunes ». Au regard des résultats électoraux, le CJCF est loin d’atteindre cet objectif : manque de représentativité de tous les jeunes par la prépondérance d’universitaires et de Bruxellois, 20% des élus sont issus des jeunesses politiques, ou encore l’absence de représentation directe des organisations de jeunesse qui sont pourtant, de par leurs missions décrétales, de potentiels réceptacles et relais de la construction collective de la parole des jeunes qu’elles accueillent.
Au regard du dispositif électoral mis en place, le risque est grand que les 50 membres de cette Assemblée Générale ont davantage été élus grâce à la mobilisation de leur réseau que par la défense de leurs priorités. Plusieurs candidats sont en effet élus par « paquet ». Parmi les treize premiers de la liste OJ/CJ, nous constatons des élus issus des mêmes associations qui obtiennent des scores assez proches. Ce phénomène s’explique par la procédure de vote : l’électeur doit épuiser 10 votes en tout ! Cette élection est par conséquent assez fastidieuse. Elle se déroule en deux temps : d’abord l’électeur vote sur la page internet du CJCF, ensuite, il doit confirmer son vote en cliquant sur un lien reçu par e-mail. Signalons que certains électeurs n’ont reçu ce lien de confirmation que le dernier jour du vote en soirée !
La campagne électorale menée par l’équipe de permanents du CJCF a bien essayé de toucher les jeunes « chez eux ». Cependant, privilégier principalement les villes universitaires, forcément, cela biaise quelque peu le résultat. Plus de 60 % des élus sont étudiants voire universitaires ! Alors bien sûr, entre 16 et 30 ans, de nombreux jeunes sont étudiants… mais pas tous. Cela dénote d’une vision qui cantonne les jeunes au statut d’étudiant.
D’autre part, il existe une prépondérance de jeunes issus des grandes villes : 21 des 50 élus viennent de Bruxelles. Il faudra être vigilant à ce que les problématiques qui touchent particulièrement les milieux ruraux, la mobilité, l’accès à l’emploi dans ces régions, soient abordées au sein du CJCF.
Le CJCF doit représenter l’intégralité des jeunes résidant en Fédération Wallonie-Bruxelles. Très bien ! Il doit donc permettre aux jeunes d’exercer un rôle de contre-pouvoir face aux politiques menées à leur égard. Dans la pratique, cette volonté louable est mise à mal. En effet, parmi les élus, près de 25 % (soit 12 personnes sur 50) font partie des jeunesses politiques ou participent directement à la vie politique (mandataires communaux, membre d’un cabinet ministériel, …). Que ces jeunes soient engagés, c’est génial ! Cela démontre leur volonté de s’investir dans la société. Néanmoins, le CJCF n’a pas la vocation de confronter les positions des différents partis politiques. Au contraire, il doit être envisagé comme un lieu indépendant de veille et de vigilance citoyenne. Leur implication pose ainsi la question des conflits d’intérêt qui peuvent naitre entre les positions politiques des partis et la vision des jeunes au sein du CJCF.
Autant le dire, le CJCF sous cette forme ne nous plait pas. 50 élus choisis sur photo et par réseau, cela ne correspond pas à la légitimité accordée par le décret à la structure. Cette dernière doit être revue pour remplir ces missions. Selon le Youth Forum (plateforme des Conseils de la jeunesse en Europe), le CJCF ne correspond plus aux critères des conseils nationaux de la jeunesse. En effet, ces conseils doivent être ouverts et représenter toutes les organisations de jeunesse du pays. Or, au CJCF la place de l’associatif « jeune » n’est pas garantie ! Les jeunes sont censés être issus de ces organisations de jeunesse mais aucune vérification n’est prévue en amont et ils ne représentent pas celles-ci directement. La confection des listes reste quant à elle assez nébuleuse.
Le Conseil de la Jeunesse Catholique et les 100.000 jeunes qu’il représente à travers 18 organisations et associations membres souhaite que le travail au sein du CJCF soit productif et constructif et s’effectue en toute indépendance politique. Nous souhaitons que ces jeunes élus donnent les impulsions nécessaires au CJCF pour initier sa réforme tant sur le plan de sa composition que sur le plan de la procédure électorale en vigueur. Le Conseil de la Jeunesse Catholique veillera à ce que les thématiques chères aux jeunes de ses organisations de jeunesse continuent à être discutées au sein du CJCF. Leur parole « associative » ne doit pas être ignorée.
Choisir le menu pour les fêtes, scinder BHV, organiser un anniversaire pour mon association sont autant de moments qui demandent de prendre des décisions ! Dans ces moments et avec l’influence du groupe, nous sommes tentés de nous rallier à la majorité. Qu’est-ce qui influence ce phénomène ? Est-ce tout à fait une attitude CRACS ?
Choisir l’avis général du groupe permet de se décharger de la responsabilité que comporte toute décision. De nombreux exemples ponctuent le quotidien de chaque citoyen. Si notre équipe a fait un mauvais choix, ce n’est pas de notre faute, mais surtout celle des autres ! Toutefois, la conséquence de cette erreur, nous devrons l’assumer ensemble, que cela nous plaise ou non ! Refuser de décider, c’est renoncer à dire ce que l’on pense et donc à être soi.
On peut s’imaginer que ce phénomène n’arrive pas à la personne qui est constamment en train de prendre des décisions ou à celles qui choisissent le menu pour les fêtes (décision mineure). C’est faux, toute décision amène une tendance à suivre le troupeau (instinct grégaire).
Dès lors, qu’est-ce qui influence notre décision ?
L’opinion des autres va avoir une influence significative sur notre décision. Plusieurs éléments sont toutefois en jeu : l’argumentation apportée par les autres, le statut et le rapport de force des personnes autour de la table, mon taux d’implication dans la décision prise, ma facilité d’expression, mes valeurs, le contenu plus ou moins à risque de mes opinions et l’image que mes idées renvoient.
Selon l’étude (disponible en ligne ici) de Sylvain Marsat, professeur de finance à l’Université d’Auvergne (France), c’est l’atteinte à notre réputation qui va être en jeu et influencer nos choix ! Plus les risques sont grands de voir notre réputation endommagée par l’une de nos décisions, plus nous avons tendance à agir comme un mouton !
Comment ne pas être « mouton », et pour quelles raisons ?
Être CRACS c’est être acteur et pouvoir apporter un avis critique sur les projets, sur la société. Nous avons la possibilité de défendre nos idées et arguments, d’être entendu et reconnu. Est-ce vraiment un gros risque d’énoncer son opinion ?! D’un autre côté, face à un expert ou une intervention jugée pertinente, on peut appuyer l’opinion qui nous semble la plus cohérente. Dans ce cas, on n’est pas dans une position passive. On adhère aux propositions et aucun cas, on ne se sentira désinvesti face à la décision prise.
Par contre, il faut se méfier de ceux qui parlent de tout et tout le temps, qui prennent systématiquement la parole. Prendre la parole en premier ne signifie pas forcément que la personne a la meilleure analyse de la situation. C’est l’autre facette de l’attitude du « mouton » !
En conclusion, il est nécessaire de se détacher de l’instinct naturel qui nous pousse à suivre le groupe. Peu importe nos craintes ou nos faiblesses, nous pouvons croire en nos idées. Ces dernières ont aussi un potentiel, une certaine originalité pouvant enrichir la décision finale. Avoir plusieurs idées à confronter permet de mieux peser le pour et le contre, d’envisager le déroulement et les conséquences liées aux choix posés. En un mot, décidons d’être dans une démocratie participative et non face à un fascisme qui veut la pensée unique pour une seule opinion et une seule décision.
Caroline Ena
Animatrice pédagogique
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